vendredi 4 septembre 2009

Une finale sous le ciel de Vaughan... en retard

Après 2 semaines de silence et de repos de mes méninges, me voilà de retour, en direct d'une chambre d'hôtel de Sept-Îles. Avant de parler de mon voyage palpitant sous le soleil de la Côte-Nord, je me dois toutefois d'en finir avec mes aventures ontariennes.

Si la finale a été riche en émotions, les anecdotes sont aussi présentes. Tellement de choses spectaculaires et controversés que je voulais prendre un peu de temps et gérer tout ce qui m'est arrivé avant de mettre ça sur papier, quitte à perdre quelques petits détails au fil du temps...

L'avant-match...
Tout d'abord, nous étions 6 arbitres sur ce match. Les 5 arbitres sur les buts (et dans le champs) étaient prêts, habillés de la tête aux pieds au moins 25 minutes avant le match. Pour sa part, l'arbitre au marbre, Brian Bailey, de l'Ontario, était en boxer et jasait... pas nerveux le gars... aucun stress, contrairement à moi, qui était au 1er but!

La cérémonie
Je suis sur le terrain, ils annoncent mon nom et ma province. Les spectateurs du Québec, hurlants de joie à la seule prononciation du mot "Québec". J'ai donc de la pression. Je ne dois pas passer pour un "pro-Québec", ni pour un gars qui a peur de passer pour un "pro-Québec". Une seule solution s'impose: être bon

Pendant l'hymne national, j'ai le soleil dans les yeux, ça fait mal, et mes jambes shakent... maudite nervosité. Honnêtement, j'ai quasiment les yeux pleins d'eau et je réalise que les heures qui viennent seront intenses et peut-être mes meilleurs en carrière.

Je finis par me rendre à mon poste, en courant. Je suis très nerveux, mais bon, j'ai fini par arrêter de trembler. J'attends juste ma première décision pour me mettre dans le bain...

Je suis gâté... je suis très occupé en début de rencontre. Beaucoup de jeux serrés. Malheureusement pour moi, toutes les décisions (au moins les 4 premières, sont en faveur du Québec, ce qui met en furie le bouillant entraineur de l'Ontario).

Cela dit, nous sommes en 4e manche... le score est de 1 à 1. Un "pick off" au premier but et je déclare le coureur retiré. Honnêtement, je ne suis pas totalement certain de ma décision. Cependant, la balle arrive avant et le joueur défensif descend le gant. Cela dit, j'appelle le retrait... en me fiant uniquement aux "preuves accablantes". Le coureur n'est pas heureux et commence à s'emporter. Ne voulant pas provoquer la pagaille, je sacre mon camps dans le champ. Pendant ce temps, le coureur continue son spectacle. L'arbitre du 2e but se mêle de la représentation et l'expulse, ce qui déplait aux entraineurs, mais bon, l'incident ne dure pas très longtemps...

En 5e manche, ça dégénère... l'entraineur Ontarien, le gars pas gentil qui fait toujours des simagrées et qui agit comme un trou de cul (je ne pense pas souvent ça des entraineurs, mais je me permets une exception pour ce gars là). Il décide de faire son show et de passer outre le décorum d'une finale de championnat canadien, et ce, devant les caméras de télévision... C'est ma chance, me chicaner à la télé et, avouons-le, de régler un compte...

Je m'avance donc, tranquillement pas vite, à la recherche de mon moment d'attention. Il me regarde, je le regarde, c'est passionné... On arrive nez à nez, mais on ne se parle pas immédiatement. Je finis par lui dire qu'il doit maintenant quitter le terrain, il me demande pourquoi, j'insiste alors sur le fait que les jeunes s'emmerdent et qu'ils veulent jouer. Les entraineurs adjoints s'en mêlent alors et retirent le coach de la discussion. JF a le dernier mot...

Cependant, alors que je m'en retournais au 1er but, l'entraineur décide de revenir sur le terrain. Je cours donc au maximum en sa direction pour retourner finir mon travail. Surpris, les assistants s'en mêlent et m'engueulent les 2 et m'ordonnent de retourner au 1er but. Je leur dit d'aller à leur banc et que je vais faire ce que je veux. On fini par s'entendre, mais c'est long... Les assistants sont finalement content de mes explications et voient que je ne cherche pas à tuer ou blesser personne, mais uniquement à gérer la situation...

La manche peut donc se terminer, mais les problèmes ne faisaient que commencer...

Fin de 6e manche, 2 retraits, C2, C3, le score est de 2-2...

Balle passée... C3 marque facilement...
Le receveur, en désespoir de cause, relaie la balle, mais hors cible. Elle atteint le frappeur qui a quitté son rectangle...
Pendant la confusion, C2 marque.

Une interférence du frappeur est appelé. Que faire? Logiquement, le point de C3 devrait être bon, mais pas celui de C2 non.

Pour faire une histoire courte, personne ne s'entend sur le bon règlement et encore aujourd'hui j'ai eu plusieurs discussions. Comme le sujet est encore chaud, je n'ose pas trop me prononcer encore, mais je considère que notre décision était la bonne. De toute manière, l'Ontario voulait 2 points a a déposé un protêt... que nous avons gagné...

Cela dit, le match se termine alors que tous sont sur les dents, y compris celui qui vous parle qui préfère, de loin, raconter verbalement cette histoire que d'essayer de l'écrire logiquement... surtout à minuit et demi un soir de championnat à Sept-Iles...

JF

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