Une finale… aux allures de déjà-vu!
Un peu à l’image de ma participation à la finale du championnat canadien bantam l’année dernière à Vaughan, cette finale-ci fut riche en rebondissements. Par contre, cette fois-ci, j’étais posté au 3e but. Cet endroit m’inquiète toujours dans un système à quatre, car c’est facile d’oublier qu’on arbitre, car rare sont les décisions à y rendre. Toutefois, compte tenu de cette responsabilité qui se limite généralement au 3e but (et au 2e but dans certaines situations), il est très facile de ne pas suivre le match à 100%. Oublier qu’un frappeur gaucher est au bâton et se faire prendre par un « check swing » peut arriver très rapidement, alors même si nous ne sommes pas au cœur de l’action, il faut néanmoins rester très alerte.
Pendant mon avant match, après avoir dégusté quelques savoureux hot-dog du parc Ahuntsic, j’ai été rejoindre deux de mes confrères au vestiaire, Arnaud Genest (marbre) et Maxime Gohier (1er sachet). Je n’ai jamais vu de ma vie deux gars, pourtant très hétérosexuels, mettre autant d’attention sur la propreté de leurs souliers. Pour le professionnalisme, un A+! Lorsque notre « Petit-Saint-Jean-Baptiste » national est arrivé à la chambre, Gohier a d’ailleurs exigé fortement que ses souliers subissent le même traitement. Ce fut une scène surréaliste que de voir Gohier sacrer et gueuler pour que Lasalle lave ses maudits souliers rapidement, alors que Lasalle lui, avait l’air d’un gars qui sortait d’un spa scandinave tellement il était zen!
Je ne sais pas ce qu’il y avait dans l’air ou dans l’eau cet après-midi là, mais j’ai comme l’impression qu’il y avait une congestion aux toilettes, car plusieurs joueurs et entraineurs ont bien voulus profiter de notre hospitalité et de nos toilettes dans notre minime vestiaire. La palme de la réplique hilarante revient toutefois à l’assistant-entraîneur de Charlesbourg, qui la veille avait été faire un petit tour dans les toilettes du vestiaire adverse, arrive pour entrer dans le nôtre et s’aperçoit que nous sommes 8 arbitres dans une chambre qui peut, raisonnablement, en contenir 3 au maximum. Il dit alors : « Ayoye, je ne savais pas qu’il y avait plein d’arbitres… et que des arbitres, ça se reproduisait autant ». Je l’ai ris pendant un bon 5 minutes!
Viens ensuite la finale. Évidemment, comme Lanaudière était impliqué dans le match, juste avant la présentation de l’hymne nationale, un joueur de Lanaudière n’a pas pu s’empêcher de me dire « Heille JF, c’est pas toi qui chante? ». Les autres arbitres étaient stupéfaits de voir qu’avant même le début d’une rencontre, je me faisais caller! À l’image de ma saison finalement!
Mon repos au 3e but fut toutefois de courte durée, à la suite d’un jeu… troublant! La balle est frappée au champ gauche avec un coureur au 1er but. Ma responsabilité est donc d’aller voir l’attrapée, ce que je fais, avec brios d’ailleurs (comme si c’était difficile…) Les autres arbitres ont effectué une rotation normale. Cependant, le pauvre Gohier, qui arrivait à fond de train au marbre, a dû zigzaguer entre les joueurs de l’équipe offensive qui avaient quitté le banc au beau milieu d’un jeu. Comme une punition de 2 minutes pour avoir eu trop de joueurs n’est pas envisageable au baseball, il a fallu arrêter le jeu et ainsi annuler l’effet de l’interférence.
Le receveur de Charlesbourg, un joueur très intense a d’ailleurs sur la séquence échangé plusieurs mots, pas tous très polis, avec le banc lanaudois. Tel Kevin Costner dans « The Bodyguard », j’ai pris mes jambes à mon cou, je suis allé au marbre et j’ai été chercher le receveur avant que la foire s’amène sur le terrain. Des fois, c’est vraiment pratique courir vite! Solides wheels le gars! Ça me rappelait vaguement ma course télédiffusée l’année dernière au championnat national bantam!
Ce fut d’ailleurs mon plus gros travail lors de cette finale. Évidemment, il y a eu une controverse par rapport à la motion du lanceur de Charlesbourg, plus spécifiquement sa pause, mais je demeure convaincu qu’il effectuait un arrêt complet lorsque ses mains se rejoignaient dans son gant.
Autre ressemblance avec Vaughan, il y a eu une remontée dans le match, mais par contre, Lanaudière a manqué de temps et Charlesbourg l’a emporté 7-6.
Voilà donc la fin d’un championnat qui, à la base, se voulait un simple training en vue de London, mais sous l’intensité du moment, j’ai embarqué à fond et vraiment apprécié chacun des moments, mais j’étais néanmoins content de retourner chez moi, afin de nourrir mon poisson, « Dutch », que j’avais délaissé pendant 5 jours!

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