La journée des premières
Pour une 2e année consécutive, ma saison se débutait en bottes d’hiver, combines, mitaines et tuque. À l’approche de cet événement, je suis toujours un peu nerveux, non seulement car je suis rouillé, mais également car beaucoup de facteurs inhabituels rentrent en ligne de compte.
Le froid
Je déteste avoir froid, tout comme je déteste l’hiver et que je déteste devoir m’habiller chaudement. Heureusement, aujourd’hui, c’était une journée superbe. Comme j’avais environ 72 épaisseurs de linge, j’ai été très confortable, tellement que j’ai même baissé la fermeture éclair de mon manteau au beau milieu du 2e match. Pas de pluie, pas de froid intense… et des matchs qui durent en moyenne 30 minutes… j’aime ça comme ça!
La rouille
Mon dernier match remonte aux environs du 30 septembre… Toujours à Laval! Je suis rendu un gars de la place, les bénévoles me reconnaissent quand j’arrive! J’ai bien beau perdre en moyenne 5 à 10 minutes par jour devant mon miroir à faire le zouf et à voir si mon style tient encore la route… une fois rendu sur le terrain… le temps de réaction n’est plus le même et les bons vieux réflexes doivent revenir et que ça saute!
Être rouillé, c’est également se demander si j’ai bien mis tout mon équipement. Par ailleurs, la saison dernière, j’avais terminé mon année avec une poche à balles décousue. C’est Phil Lamoureux et Pat Crépin qui se sont fait un vif plaisir de me rappeler qu’elle était à moitié scrappe. Prochain achat imprévu : deux poches à balles (car elles doivent être pareilles, question de style!) Ensuite, quelqu’un peut m’expliquer pourquoi je ne trouve pas mon attelle de genou droit? Tout simplement porté disparu.
Pour mon masque, c’est toujours la même histoire. Depuis août dernier, mon masque Wilson Shock Fx que personne n’aime, sauf moi, était parti en réparation chez Honigs. Je l’ai reçu uniquement la semaine dernière. Mais comme un masque combiné, en hiver, je trouve ça laid quand on l’enlève et que le bandeau part avec… j’ai opté pour un masque traditionnel que j’avais acheté l’an passé en pensant faire une bonne faire. Heureusement, même si je ne suis pas prêt à dire qu’il était des plus confortables, pour 30 minutes, ça fait la job!
Par contre, mes habitudes d’avant-match elles, n’étaient pas rouillées. Après avoir consommé un savoureux Red Bull (sans sucre, résolution 2011!), fait la chaise et mis 4 pouces de Deep Cold sur chacun de mes genoux, j’étais prêt pour la guerre!
Le format du tournoi
Arbitrer au marbre, ce n’est pas super difficile dans ce genre de tournoi, car outre compter jusqu’à trois pour les prises et jusqu’à cinq pour le nombre de lancers permis, il n’y a pas grand-chose à faire. Par contre, lorsque je me fais répondre « me semble que oui » à la question « y-a-t-il des chandelles intérieures dans ce tournoi? » et que le troisième frappeur du match en frappe un… je trouve ça drôle!
Pour sa part, le 6e frappeur du même match a poussé au marbre un coureur qui fut retiré à la suite d’une décision très serrée. Malgré mes grosses bottes, malgré la neige au sol et en essayant d’éviter les bénévoles présents aux alentours du marbre, j’ai fait un semblant de plaque tournante afin d’essayer de voir quelque chose. Un peu comme un gardien au hockey, le receveur à « gelé » la balle. Comme il s’agissait d’un jeu forcé, je devais déterminer s’il avait la possession de la balle. Tu débutes ta saison… bonne chan!
Sur les buts, avec des manches qui durent en moyenne 5 minutes et pas de retrait sur des prises ou presque, ça fait beaucoup de décision à rendre sur les buts. Ce qui rend la tâche difficile, c’est la vitesse d’exécution. Dans mon quotidien estival, les jeux vont très rapidement et sont souvent prévisible, dans la mesure où le positionnement des joueurs ainsi que leurs habiletés techniques et mentales font en sorte qu’ils réaliseront presque à tout coup LE jeu qu’ils doivent faire pour avoir le meilleur résultat. Dans du pee-wee, surtout en hiver avec des mitaines et de la neige partout, le résultat est beaucoup plus aléatoire.
Je me suis d’ailleurs fait joliment entuber par le joueur de premier but lors de mon 2e match, alors que j’étais sur les sachets. Il était, à mon avis, « probablement off the bag », a capté le relais bien avant l’arrivée du coureur, mais n’a jamais tenté de toucher au but et à renvoyer la balle au lanceur comme si de rien était. Comme je l’ai écrit précédemment, il était « probablement », alors j’ai appelé l’automatique. ERREUR!!! Je n’avais même pas terminé mon signe de retrait que l’entraineur me regardait avec une face de Lou Piniella jammé dans un banc de neige en me faisant des signes. Note à moi-même : écouter mon instinct pour ne pas me faire avoir par un joueur de premier but de 14 ans!
Finalement, après avoir eu une dizaine de jeux serrés (et en avoir manqué un qui n’était même pas serré!), je suis rentré chez moi plus riche de 16$, mais très heureux d’avoir pu mettre mon masque pour une première fois en 2011
C’est reparti!

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