dimanche 14 novembre 2010

Les légendes

En direct de Mont-Joli, en Gaspésie, je profite de la pause diner pour faire un bref retour sur la soirée mémorable que j’ai vécu hier. Non seulement j’ai reçu un prix que jamais je n’aurais pensé gagner dans ma vie, mais j’ai surtout pu être le témoin privilégié d’un moment historique. Je suis persuadé que dans 50 ans, en 2060, je vais raconter à mes petits-enfants la fois où j’ai rencontré Émile « Butch » Bouchard.

Enseignant d’histoire de formation et grand amateur de hockey, rencontrer une légende, ne serait-ce que l’instant d’un regard, c’est comme si, soudainement, le temps s’arrêtait. Dans ma jeune vie, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs grands noms. Des Premier-ministres, des sportifs, quelques acteurs… mais j’avoue qu’Émile Bouchard, combiné avec ma courte rencontre avec Maurice Richard il y a environ 15 ou 20 ans… c’est quelque chose!

Habituellement, l’ambiance plutôt festive du gala de Baseball Québec fait en sorte que le climat est plutôt bruyant. Cependant, lorsque la légende, bien que physiquement diminuée, entra dans la salle et lors de chacun de ses déplacements, le silence était tout simplement solennel. Sur le coup, je pensais innocemment peut-être bien être le seul à avoir l’impression d’être au beau milieu d’un moment marquant de ma vie. Évidemment, après discussion avec les boys, je me suis vite rendu compte que j’ai loin d’être le seul, bien au contraire.

Opportuniste, j’avais demandé à Yves Gagnon, également intronisé au Temple de la Renommée de Baseball Québec, d’essayer de faire signer un chandail par « Butch ». Avec énormément de gentillesse, Yves a bien voulu de faire cette très grande faveur, je lui en suis d’ailleurs énormément reconnaissant et je lui dis merci mille fois! Durant cette fin de semaine, j’ai d’ailleurs eu la chance de jaser baseball à maintes reprises avec Yves. Sa rigueur et son intransigeance légendaire m’étaient déjà connus, mais j’ai pu découvrir à quel point Yves est un passionné d’arbitrage et du baseball en général, doublé d’un excellent pédagogue.

Pour ma part, entouré de mes parents, de ma copine (qui, du fond de la salle, suivait l’action au loin), des membres du comité provincial ainsi que du comité d’excellence, j’ai passé une excellente soirée. Éric Gauthier fut d’ailleurs tout un hôte, en engageant une discussion aussi intelligente que pertinente avec mes parents concernant son emploi régulier au gouvernement!

Rendu à « mon tour », j’ai reçu le prix de l’arbitre « espoir », c'est-à-dire le prix remis à l’arbitre que débute dans les ligues junior et senior élite qui est promis à une belle carrière, un genre de trophée « Calder » de l’arbitrage dans le groupe « élite ». Tout comme pour les joueurs, on parle souvent « d’arbitre naturel ». Ou encore, certains ont accédé à un bon niveau de baseball très rapidement dans leur carrière, saisissant leur chance au vol du premier coup. En ce qui me concerne, c’est loin d’être mon cas…

De l’atome… j’en ai fait en masse. À la blague, je peux dire que j’en ai tellement fait, que j’ai fini par y maitriser les règles de jeu trop souvent floues, parfois même contradictoires! Du moustique et du pee-wee, avec des lanceurs en développement et des matchs d’une durée interminable, j’en ai fait en masse aussi. Mais une chose est certaine, j’ai appris. J’ai appris sur le sport, j’ai appris sur l’arbitrage… et j’ai appris sur moi-même! Yves Gagnon disait, lors de son intronisation, avoir dépassé le cap des 3000 parties arbitrées. Pour ma part, j’espère en dire autant un jour, mais je peux déjà me venter d’avoir déjà arbitré au minimum 1000 matchs.

Quand j’ai su que j’étais le gagnant du prix, j’étais très joyeux, évidemment, mais surtout ému, beaucoup plus ému que j’aurais pu l’imaginer. Non pas car je voulais savourer le moment (même si la Lanau-tape sur le stage était sur le coche, merci Éric!!!), mais plutôt car j’ai immédiatement eu en tête mon parcours, du début jusqu’à maintenant. De mon premier match jusqu’au match qui a clôturé ma saison 2010, j’ai tout revus dans ma tête, et ça, c’était vraiment émouvant!

Il a fallu que j’apprenne, que je fasse mes classes, mes erreurs et mes bons coups. Je me suis souvent découragé, on m’a toujours encouragé à persévérer. Cette persévérance, tout au long de mon implication comme représentant régional, comme superviseur ou bien désormais comme membre du comité provincial, j’essaie de la transmettre… comme on me l’a transmise.

Je vous ai dit en introduction que j’étais à Mont-Joli, depuis ce temps, l’écriture étant un exercice plus ardu que la lecture, j’approche d’Amqui (et en le révisant, quelques heures plus tard, je suis rendu à destination). Je me dirige vers Caplan, en Gaspésie, pour assister aux funérailles de mon grand-père. Depuis quelques temps il souffrait de la maladie d’Alzheimer, avait des épisodes de démences passagères et sentait qu’il perdait, petit à petit, sa dignité bien malgré lui. Pour un homme fier qui s’est tenu debout toute sa vie, cela doit être terrible. Ma famille et moi vivons donc ce deuil comme un soulagement, de le voir ainsi nous quitter sans trop de douleurs.

Il a transmis à ses enfants l’importance du travail, de la rigueur et de l’intégrité, tout comme mon père et ma mère me les ont ensuite transmis… avec un brin d’arrogance en prime, je dois l’avouer! Peut-être que les circonstances sont tristes, mais elles me permettent d’apprécier l’importance ainsi que les résultats concrets de l’application des valeurs familiales. J’ai persévérer, j’ai eu énormément de plaisir… et j’y suis arrivé. Toutefois, impossible pour moi de m’asseoir sur l’honneur que j’ai reçu hier, je me dois de livrer la marchandise dès les débuts de la saison 2011!

Mon grand-père est un peu comme « Butch » Bouchard. Il n’a peut-être pas été le meilleur défenseur de son époque, n’a jamais jeté les gants contre Eddie Shore et les autres matamores de son époque et n’est pas membre d’aucun Temple de la Renommée. Par contre, tout comme « Butch », mon grand-père a prêché par l’exemple pour transmettre ses valeurs et s’est toujours tenu debout. En ce qui me concerne, il n’est pas nécessaire d’avoir été un grand joueur de hockey pour devenir une légende.

Adieu grand-père, et merci!
JF

jeudi 11 novembre 2010

Moi? Vraiment?

Je sais, je suis un pas fiable. Moi qui m’étais promis de rester actif sur mon blog malgré la température hostile et la saison morte. Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent, mais plutôt le temps… le temps d’écrire un article à la hauteur des attentes, mais également à la hauteur de l’importance des sujets concernés. J’ai reçu pleins de commentaires tout au long de l’été concernant différents sujets que j’ai abordé, mais également mes qualités de scripteurs. Tout au long de mes études, j’ai toujours été très fort en rédaction. Je maîtrise sensiblement bien la langue française (profession oblige!) et j’ai de bonnes habiletés de communicateurs. Toutefois, pour exploiter ces qualités, ça me demande du temps et de l’énergie, rien n’est facile, bien au contraire. Voilà donc ce qui explique mon absence de la blogosphère (et ça existe vraiment comme mot, c’est ça le pire!)

Parlons donc de moi…

Tout d’abord, le comité provincial. Première activité, une rencontre avec les dirigeants de Baseball Ontario afin de parler d’une éventuelle réforme de la structure des formations. De un, le sujet est très intéressant et primordial pour l’avenir de l’arbitrage au Québec. De deux, en réunion, en regardant les gens assis autour de la table, mettons que c’était très impressionnant d’assister à une telle rencontre, avec plusieurs de mes anciens superviseurs au niveau canadien notamment. De trois, pas mal toute la rencontre était en anglais. Même si je me débrouille passablement bien pour un gars de Saint-Lin, le hamster travaillait fort!

Cette réunion au sommet, du vendredi soir au dimanche midi, était très intense. Je me suis tout de même permis une petite escapade d’une soirée, le temps de me rendre au gala méritas de la région de Lanaudière, recevoir un prix hommage pour ma contribution à l’avancement de l’arbitrage dans la région. Sans aucune méchanceté, je disais, à qui voulait bien l’entendre, qu’il s’agissait d’un prix « has-been », compte tenu que je quittais mon poste. Ma récompense ultime, je l’avais eu au mois d’août, à Joliette, quand j’avais pu superviser 16 arbitres de la région au championnat atome et moustique B. Ils avaient bien aimé l’expérience et j’avais pu discuter amplement avec beaucoup parmi eux. C’était ça, ma récompense.

J’allais donc chercher mon prix, avec fierté, mais sans plus. C’est rendu sur place, en jasant avec les gens présents, avec les arbitres nominés et avec les membres du Conseil d’administration, que j’ai compris que j’avais eu un certain impact dans la région. Conscient de ma personnalité, je sais très bien que j’ai dérangé des gens, à certaines occasions, par mes prises de positions et par certaines décisions audacieuses et instinctives, ce qui fait en sorte qu’il est très facile de se rappeler des confrontations célèbres dans lesquelles j’ai été impliqué, ou encore les problèmes que j’ai bien essayé de gérer du mieux que je pouvais. Par contre, soudainement, se sont les mots de merci que j’ai reçu qui sont revenus à la surface. J’ai jamais eu la prétention d’être un leader, mais avec le temps, je me suis rendu compte que je devais servir de modèle. C’est ça que représente le trophée reçu à mes yeux.

Ensuite, vient la raison majeure du mutisme de mon blog : j’ai travaillé sur plusieurs dossiers qui seront présentés cette fin de semaine aux membres du comité provincial d’abord, et ensuite aux représentants régionaux. Sans m’étendre sur le sujet, je travaille en collaboration avec René Provencher à l’amélioration des communications ainsi que sur la gestion des championnats provinciaux. Drôle de période dans l’année pour faire ça direz-vous, mais il s’agit de travailler immédiatement sur la structure pour être opérationnel en temps voulu!

Finalement, le congrès est la boucle finale à l’année 2010. Pour moi, il revêt un caractère spécial, compte tenu que je suis en nomination pour un prix (arbitre espoir de l’année), remis à l’arbitre du programme d’Excellence démontrant un brillant avenir. Mes parents seront présents pour l’occasion, tout comme la ravissante Émilie. Sans même penser à remporter le prix ou non, simplement de savoir que mes performances et mon implication furent considérés, c’est déjà quelque chose de remarquable à mes yeux. Malgré mes états de services plutôt enviables des dernières saisons, je ne me suis jamais perçu comme étant un « espoir », mais plutôt comme un travailleur acharné qui veut simplement garder « sa place ».

Outre des diplômes de « roi de la dictée », que j’ai gagné à profusion au primaire, je n’ai jamais reçu de prix dans ma vie. Étudiant moyen au secondaire et au Cégep, ensuite menacé d’expulsion, à 2 reprises!, compte tenu de mes résultats lamentables à l’université, je n’ai jamais sorti du lot. De plus, étant d’une nature plutôt renfermée, étant plus souvent qu’autrement mon pire critique, être nominé est une agréable surprise. J’ai beau jouer le gars modeste, mais au fond, j’espère quand même l’emporter!

On s’en rejase après le congrès!

JF