Le gala et moi
Le constat est clair désormais : j’ai beaucoup plus de facilité à me faire huer sur un terrain qu’à me faire applaudir dans un gala! Être au pays des Stroumphs, je serais un excellent candidat pour chausser les souliers de Gargamel!
En 2004, j’avais eu l’honneur d’être mis en nomination comme arbitre de l’année – catégorie compétition. Déjà là… le seul fait d’être invité au gala et d’être reconnu par les hautes instances du baseball lanaudois comme un chef de file dans mon domaine, c’était quelque chose. C’est toutefois rendu sur la scène, avec le spotlight qui chauffait comme le « yâble » que le stress m’avait réellement envahi. Comme j’étais en nomination avec (et non pas contre!!!) Mathieu Desmarais, qui c’était lui aussi nettement démarqué (beaucoup plus que moi à mon avis), je ne croyais pas beaucoup en mes chances. Quand mon nom est apparu sur l’écran, mon premier réflexe avait été de me tourner dos à la foule et de dire tout bas, à Cédric Huet, qui était lui aussi en nomination : « Ah ben tabarnak! ». J’étais pratiquement sous le choc et, tel un autiste, j’avais regardé mon trophée sans même cligner des yeux je crois… Encore aujourd’hui, quand je regarde ce même trophée qui trône sur mon faux-foyer électrique dans mon salon (ça impressionne la visite… pas le trophée, le foyer!), ben je pense à ma surprise d’être récompensé pour avoir tout simplement fais ce que j’aimais.
Les années ont passées… j’ai vieilli… j’ai maturé, parait-il… mais en bout de ligne, ma capacité et mon plaisir à enchaîner les blagues douteuses n’a certes pas trop-trop changé! Je suis devenu représentant régional, j’ai fait plusieurs championnats, certains avec succès, mais en bout de ligne, je n’ai jamais accordé trop d’importance aux distinctions, trouvant plutôt ma motivation et mon plaisir en étant sur le terrain.
Octobre 2010, me revoilà dans la même situation qu’en 2004. Cependant, cette fois-ici, j’avais beaucoup plus d’expérience en tant que « gars-qui-remet-le-trophée » qu’en tant que récipiendaire. D’ailleurs, sans surprise, je suis beaucoup plus à l’aise en le remettant qu’en le recevant, même si, bon, en bout de ligne, je demeure néanmoins à l’aise en toutes circonstances (sauf si je dois coudre un bouton ou faire le ménage de mon auto.. je suis nul là-dedans!)
Comme je suis un vétéran du serrage de main sur un stage et que j’ai sensiblement l’habitude des foules, je profite toujours de l’occasion pour lancer un défi aux nominés et faire une bonne vieille Lanau-tape sur la scène. On se trouve toujours ben ben drôle… la foule se demande quelle genre de gang d’épais nous sommes… et ça fait notre soirée… et notre fierté! Par contre, c’est quand vient le temps de recevoir le trophée que tout a changé.
Être sur un stage… pas de problème… les foules ne m’énervent pas trop… sauf si je dois chanter. Les émotions… j’ai en général très peu d’attentes ou très peu besoin de reconnaissances formelles pour être satisfait, étant moi-même mon principal critique. Par contre, en recevant un prix hommage cette année, ce n’est pas seulement un superbe trophée qui trônera sur mon foyer cheap que j’ai reçu… j’ai revu l’ensemble de mes 6 années dans la région.
Encore aujourd’hui, quand je regarde ma carrière d’arbitre actif, je ne sais pas trop ce qui est arrivé. Depuis 2006, les événements défilent à la vitesse de l’éclair. Jamais de ma maudite vie j’aurais pensé faire un championnat canadien et, à 27 ans, j’en ai déjà 4 derrière la cravate. J’ai encore peine à y croire, j’ai l’impression que je ne réalise même pas ce que j’ai accompli. Dans ma tête de ti-gars de Saint-Lin, j’arbitre… sans trop me poser de questions.
Par contre, là où parfois j’ai pratiquement le vertige en regardant tout le chemin parcouru, c’est lorsque je m’arrête un instant pour penser à tous ceux que j’ai pu croiser lors des dernières années, ceux que j’ai pu aider ou ceux que j’ai pu motiver. En ayant mon magnifique trophée entre les mains samedi soir dernier, ce n’est pas à mon foyer-en-spécial-chez-Canadian-Tire-en-février-dernier que je pensais… mais plutôt à l’influence que j’ai pu parfois avoir chez certaines personnes… En quelques secondes, il y a bien des moments et bien des conversations que j’ai pu avoir qui sont toutes arrivées en même temps dans ma tête… c’était intense.
J’ai reçu beaucoup de mots de remerciements depuis quelques jours. Dans certains cas, pratiquement un éloge funèbre, comme si je disparaissais du décor. Faites-vous en pas… je n’ai pas l’intention de déménager mon foyer-full-trophées, il est trop pesant, ni même le reste de mon mobilier… je suis encore physiquement dans Lanaudière. Tout ce qui change, se sont mes fonctions administratives. J’ai maintenant d’autres dossiers entre les mains, voilà tout!
Les Provost, Pelletier, Barrette et autres sans-desseins de ce monde, je vais encore me faire un devoir de vous rappeler à quel point vous êtes idiots… Ne pas le faire, ça serait comme ne pas porter assistance à une personne en danger… Je ne vous lâcherai pas mes sacraments!!!
Pour les autres, vous connaissez mes coordonnées… pas besoin d’appeler ma mère pour me demander ce que je deviens, alors si vous avez besoin de vous faire insulter, ou bien si vous avez une question… je vais me faire plaisir de vous répondre!
Tu t’en vas au comité provincial… bonne chan!
JF

1 commentaires:
Félicitations J-F!
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