Lors de ma dernière communication, il y a environ 24 heures, je venais tout juste de mettre les pieds à l’hôtel après un trajet plutôt paisible. Maintenant rendu au samedi après-midi, je surveille mon examen niveau un que je viens de donner à mon groupe. Pour avoir un groupe, j’en ai tout un : 2 arbitres! Un vient de Sept-Iles (j’en reparlerais plus tard), l’autre de Havre-Saint-Pierre.
Pour nous, citoyens de la grande ville, la ville voisine, c’est une run d’auto d’au plus une quinzaine de minutes. Ici, mon chummy du Havre s’est tapé une promenade de 2h30 pour venir entendre mes douces paroles. Par respect, j’ai décidé de ne pas tenir un cours demain matin de 9h à midi, j’ai clanché ma matière entre 8h45 et midi et ensuite de 13h10 à 15h20 pour y aller avec l’examen. Imaginez un gars de Québec qui va suivre un cours ou arbitrer à Montréal… Je connais un seul gars qui fait ça… et ce n’est pas nécessairement une référence! Ici, c’est pourtant la norme!
Compte tenu des catégories offertes dans cette région pittoresque, j’ai surtout axé mon cours sur l’atome et le moustique. Il a fallu que je me fasse une mise à jour rapide, moi qui enseigne depuis des années les niveaux 2 et 3! La culture du baseball est également différente. Ici, on ne parle pas d’expulsions, de rapports ou de protêts… car tous, entraineurs, joueurs et arbitres sont souvent amis, cousins, oncles, voisins… alors l’ambiance est très familiale!
Bref… pour mon cours accéléré, tout a bien été, les gars posaient beaucoup de questions et j’espère seulement qu’ils vivront une saison enrichissante pour revenir en force avec une progression appréciable l’an prochain!
La moitié de mon groupe (1 gars), jouait dans le bantam B de Sept-Iles l’an passé. Lorsque l’arbitre de Havre-Saint-Pierre a parlé d’une scène d’un Été sans point ni coup sûr, le gars de Sept-Îles a immédiatement dit « c’est moi où un arbitre de l’an passé était acteur dans le film? » Immédiatement, je me suis penché sur le cas de la jeune vedette déchue du cinéma québécois, expliquant qu’il sombre désormais dans l’enfer de la drogue.
Mon arbitre de Sept-Îles, pour sa part, ma longuement vanté les mérites de l’arbitre nain qui vire les parcs de Laplaine à l’envers, m’expliquant comment il avait l’air sharp sur le terrain l’année dernière au championnat. Shaun avait en effet volé le spectacle sur un jeu au marbre, en y allant d’une plaque tournante (alors qu’il ne sait même pas c’est quoi) en criant safe environ 5 fois, un peu à la P3… La foule était en liesse et ils en parlent encore ici!
Bon, voilà pour l’aspect professionnel de mon voyage d’affaires en territoire frisquet… passons maintenant aux choses sérieuses…
Sylvain Poissant donne environ 6 formations durant la fin de semaine : il n’arrête jamais. De notre côté, moi et Steve sommes en vacances avec nos quelques heures de travail. Hier soir, nous sommes donc allé chez Omer…
Notre serveur, originaire du Sénégal, ressemblait étrangement à l’acolyte de Tintin dans Tintin au Congo! Même coupe de cheveux… Le mec était vraiment pissant! Lorsque les ringards de la table à côté de la nôtre lui on demandait d’où il est originaire. Il a répondu Noir-Sablon (à référence à Blanc-Sablon). Je l’ai bien ris!
Parlons de la haute gastronomie, nous avons soupé chez Omer, symbole ultime de la gastronomie locale : Le riz gratiné aux fruits de mer était sur la coche… Cependant, le décor du resto a fait dire à Steve « C’est comme une cabane à sucre, mais avec du tapis! »
L'hospitalité des gens ici est légendaire. Un stagiaire dans le cours à Sylvain nous a offert d'aller à la pêche avec lui, la pêche au capelans. Malheureusement, le temps nous manque et il nous faudrait des bottes d'eau format géant!
Notre samedi après-midi, lorsque le cours fut terminé, se passa à la Cage aux Sports. Si la ravissante Bianca était absente, j’ai quand même pu compter sur la présence de Christian Briand, arbitre notoire de Sept-Îles! Ce dernier m’a d’ailleurs finalement remis le 40$ emprunté en 2006, accompagné de 2 Red Bull et d’un pichet gratuit à la Cage, son lieu de travail!
Quelques heures et un daiquiri plus tard, nous quittons la Cage pour un restaurant de la place : la Terrasse du capitaine avec un ténor du baseball nord-côtier, Jean-Edmond et sa charmante épouse! Le repas et le vin (du Gretzky!!!) étaient excellents, mais ce qui a retenu mon attention, c’est la charmante serveuse : la femme de mes rêves. Belle, instruite, cultivée, un sens de l’humour subtil et craquant, ça valait le détour! Un de mes meilleurs repas à vie… merci Sept-Îles!
Nous sommes des stars ici. Notre présence était même annoncée dans le journal local. Il ne doit pas y avoir beaucoup de lecteurs par contre, même si l’annonce parlait de nos stages, je n’ai eu que 2 stagiaires! Tout de même, un gars a fait 2h30 en auto pour faire un niveau 1, je capote.
Nous sommes allés au fameux Clandestin hier. Comme je gossais l’univers tout entier, mais surtout le serveur au Pub St-Marc pour avoir un daiquiri aux bananes. Rendu au « Clan », Sylvain Poissant, immédiatement après avoir dit bonjour à la barmaid lui dit : « Le gars à côté de moi fait chier tout le monde depuis 2 jours, il veut un hostie de daiquiri aux bananes. Même si t’en a pas, fais y n’importe quoi qui goûte ou sent les bananes et donne y, j’en peux pu! »
Finalement, j’ai eu mon daiquiri aux bananes… à Sept-Iles!