vendredi 18 septembre 2009

Des épais à Sept-Iles... Tome 9: Le retour à la vraie vie!

Comme toute bonne chose à une fin, il nous fallait revenir dans notre région un jour ou l'autre. De toute manière, après 4 nuits, on commence à être tanné des Confort Inn! De toute manière, avec la toux que j'avais (et que j'ai encore près de deux semaines après les événements), j'avais juste hâte d'arriver à la maison afin de pouvoir dormir dans mon lit (j'étais resté à la maison uniquement 10 jours entre mon arrivée de Toronto et mon départ pour Sept-Iles) et aussi de reprendre la routine, moi qui avait commencé à travailler quelques jours seulement avant mon départ vers la Côte-Nord...

Steve nous avait mentionné qu'il désirait partir tôt. Compte tenu que je dors très mal en voiture et de ma toute nouvelle phobie des ours, je voulais avoir la meilleure nuit de sommeil possible. Après une discussion sous le signe de la négociation, moi et Barrette avons convaincu Steve de partir uniquement à 10h le lendemain matin, ajoutant que nous serions à la maison en soirée.

J'étais heureux de faire la grasse matinée et de me lever uniquement... à 9h15! J'avais prévenu Provost de l'horaire du lendemain, histoire de bien synchroniser les douches et le départ, afin de ne pas partir trop tard. Connaissant l'historique de lâcheté matinale de Provost, il n'y avait pas de chance à prendre.

Comme prévu, je me suis levé avant même mon réveil-matin lorsque le soleil s'est pointé le bout du nez. Après avoir pris une douche bien appréciée, je prends l'initiative d'essayer l'impensable: réveiller Provost. Comme il n'a même pas l'air de m'écouter et que notre départ est dans un peu plus de trente minutes. Je lui explique alors que s'il n'est pas prêt à 10h, probablement que je vais le tuer...

Entre temps, histoire de pouvoir survivre aux 10 longues de route qui me sépare de mon douillet domicile st-linois, je fais un petit arrêt au Jean Coutu situé à une centaine de mètres de l'hôtel, histoire d'acheter quelques produits qui atténueront les symptômes de mon vilain rhume. Obsédé de la ponctualité, je regarde sans cesse l'heure sur mon téléphone afin de ne pas être le retardataire, surtout que j'harcèle sans cesse tout le monde afin qu'ils soient à l'heure!

Je reviens donc à l'hôtel vers 9h50, amplement dans les temps. Provost, alors sur le pas de la porte, trouve mon idée d'arrêter au Jean Coutu géniale et part sur le champ. Je lui indique qu'il doit courir... car on ne veut pas partir trop tard.

10h arrive, toujours pas de signe de Provost. 10h05... 10h10... finalement, il débarque à 10h15, avec des médicaments et un sac de Tim Hortons à la main. Honnêtement, j'étais en furie, d'autant plus que l'hôtel offrait le déjeuner jusqu'à 9h30!. Nous voilà déjà 15 minutes en retard...

Par la suite, Shaun, flairant la bonne affaire, décide que si Provost peut avoir du Tim, lui aussi le peut. Un autre 10 minutes d'attente dans le stationnement du Tim, mais au moins, nous sommes en route, pour de vrai!

Contrairement à notre trajet du vendredi, et même à celui de la veille entre Sept-Iles et Baie-Comeau, nous sommes beaucoup plus endormis dans l'auto. Shaun mange des beignes, Barrette joue à Punch Out sur son ordinateur alors que moi et Provost luttons intensément contre la maladie. Ce n'est qu'une fois rendu au traversier de Tadoussac que nous commençons à nous dégourdir, notamment en faisant les cons sur le bateau, ce qui faisait bien rire la dame à nos côtés... J'ai d'ailleurs remarqué un phénomène étrange sur le bateau: Shaun est soudainement beaucoup plus calme, serait-ce la peur de se faire jeter à la mer?, probablement...

Comme nous n'avons pas déjeuner, certains derrières sont affamés. Nous avions à la base prévu d'arrêter manger à La Malbaie, mais compte tenu des nombreuses plaintes, nous arrêtons environ 50 kilomètres avant, à Saint-Simeon, dans un petit resto d'apparence miteuse...

Le service est très long, mais la bouffe n'est pas trop mal. Nous rions des vieux "Z'amaricains" derrière nous qui essaient de comprendre le menu tout en attendant nos clubs sandwitch. Pour ma part, je n'ai pas plus faim qui faut, le rhume est bien trop présent. Pendant que moi et Steve finissons nos repas, Provost, Shaun et Barrette sont quelques part dans la ville. À notre sortie du restaurant, aucune nouvelle d'eux. Après quelques messages textes ponctués d'insultes, ils réapparaissent finalement 15 minutes plus tard. Ils étaient parti à la plage... sans regarder l'heure. Merci à Barrette d'avoir un cellulaire!

Le temps passe et les paysages aussi. Tous s'inquiètent de la contagion lié à l'état de santé de Provost (et du mien) ainsi que de l'espace restreint dans lequel nous sommes. Barrette lui, ne lâche pas son ordinateur, si ce n'est que pour répondre aux messages textes totalement loufoque d'un Sébastien Boucher retourné au travail.

Québec arrive finalement, voilà un bon moment pour aller se ravitailler en essence. Après avoir tourné en rond dans un quartier tout croche de Sainte-Foy à la recherche d'une station service et avoir hurlé contre l'inexactitude de notre GPS, nous avons finalement le luxe de nous dégourdir les jambes.

Il ne reste qu'entre 2h30 et 3h de route. Nous avons hâte, mais nous sommes également nostalgique de ce voyage vraiment mémorable. Shaun est le premier à débarquer. Ses parents nous demande comment il s'est conduit là bas. Nous n'osons pas répondre et préférons fuir avant qu'il ne posent trop de questions! J'enclenche donc la valise après une courte séance de Tétris et dans 5 minutes je suis chez moi.

En route vers mon domicile, un message apparait sur le tableau de bord de la caravan: "Coffre arrière ouvert". Steve est pris de panique et imagine nos bagages étendus un peu partout dans Saint-Lin. Étant le dernier à avoir fermé le coffre, je suis immédiatement pointé du doigt, mais Provost et Barrette confirme que rien n'est tombé, que le panneau est simplement mal clanché.

Rendu chez moi, je prendre mes trucs, passe près d'oublier ma bonne vieille chaise de camping dans l'auto et franchi le seuil de ma porte après une série de Lanau-tape avec les gars, la dernière.

Comme j'avais fermé les fenêtres, c'est chaud et humide dans la maison. J'ouvre donc la porte patio et je me dirige vers mon ordinateur pour prendre mes messages et constaté que je n'ai pas fait le ménage avant mon départ. Bienvenue dans la réalité!

JF

mercredi 16 septembre 2009

Des épais à Sept-Iles... Tome 8: Des adieux à Baie-Comeau

Ça y est, toute bonne chose à une fin. Vers 15h le lundi, le tournoi prend fin. Les 4 arbitres impliqués sur le match final sont détrempés de la tête aux pieds. Ils ont fait dans des conditions très difficiles, un match se terminant avec un écart de 10 points en plus.

J'avais parlé précédemment qu'il y avait des choses que je n'aimais pas sur le terrain. En temps normal, j'aurais réagi avec plus de douceur. Cependant, comme les gars avaient fait un excellent tournoi, en étant professionnel et excellent depuis le début, je voyais mal pourquoi les standards étaient pour baisser rendu au dernier match. Si je me fis aux réactions provoquées dans le vestiaire, les gars semblaient assez en accord. Pourquoi soudainement marcher et se réunir à chaque manche quand ça n'a jamais été fait du tournoi? J'ai posé la question à certain gars et ils ont fait un petit effort, alors qu'il faisait très froid et que le match ne voulait pratiquement rien dire, la victoire étant déjà pratiquement acquise pour l'équipe de Sept-Iles qui menait largement.

La finale était donc sans histoire et surtout très froide! Comme j'étais atteint gravement par une vilaine grippe, j'ai manqué la moitié du match environ pour aller me réchauffer à l'intérieur, je n'en pouvais tout simplement plus!

Le match se termine donc sous la pluie vers 15h. Honnêtement, à 15h30, tout le monde était en voiture vers Baie-Comeau. Avant tout, je me devais d'arrêter (et de faire arrêter tout le monde)à l'hôtel car j'avais perdu mes clés. Après avoir fait virer l'hôtel à l'envers par le très patient préposé, toujours pas de clés. Avant de repartir pour Baie-Comeau (2h45 de route environ), j'ai regardé une dernière fois dans mes bagages pour tomber face à face avec mes clés. Jamais 4 gars dans une caravan ne m'auront autant dit que j'étais le roi des épais!

Prochain arrêt, le dépanneur, histoire de ne pas manquer d'essence ni de cochonneries en plein milieu du bois! Pensant que nous étions pour voler de l'essence, le commis courrait après moi, Barrette, Shaun et Provost dehors, alors que Steve payait tranquillement à l'intérieur. Nous avons fait en masse de gags la dessus. Imaginant les pires scénarios de poursuite policière.

Nous avions ensuite rendez-vous avec nos très chers idiots de Québec, pour une dernière fois, au Boucannier, à Baie-Comeau. Resto-bar dans la mire de Steve depuis son départ de Lanaudière le vendredi matin, il s'agissait d'un passage obligé.

L'assiette de fruits de mer est immense, plus que Shaun en tout cas. Même si je ne suis pas un fanatique extrémiste des fruits de mer, j'ai quand même profité de l'occasion pour me payer la traite. Shaun lui, s'est payé un gros luxe: une salade!

Nous bouffons et reparlons de la fin de semaine, tout en tenant Pageau éloigné, car il était allergique à nos assiettes. L'épipen était sur le qui-vive!

Comme il se fait tard et que les gars de Québec travaillent le lendemain, le temps des adieux arrive rapidement. On se promet de rester en contact. D'ailleurs, Boucher n'a jamais arrêter d'envoyer des messages textes, pas toujours très constructifs et intelligents d'ailleurs, à nous tous. Bref, on sent sa présence!

Pour la gang de Lanaudière, nous restons à Baie-Comeau pour la soirée. À la recherche de sensations fortes, nous allons prendre une petite douche à l'hôtel avant d'aller explorer la ville... Chercher un bar avec de l'action un lundi soir à Baie-Comeau... bonne chance!

Finalement, Barrette, l'oeil de lynx, trouve une fille de son goût qui entrait justement dans un bar. Nous y allons tous. Voyant que la fille se fiche carrément de lui et du reste de l'univers, ils ne nous reste qu'à jouer aux pool. Avec Steve dans mon équipe, Barrette et Provost n'ont eu aucune chance!

Nous rentrons donc à l'hôtel à une heure fort raisonnable. Comme nous sommes morts à la suite d'une longue fin de semaine, moi et Provost avalons quelques comprimés afin de mieux dormir et ne pas être trop incommodés par les symptômes de la grippe et nous sommes parti... jusqu'au lendemain matin, moment du départ!

Prochain tome: "Le retour à la vraie vie!"

JF

mardi 15 septembre 2009

Des épais à Sept-Iles... Tome 7: La police, le pompier, la serveuse et des épais à la tonne!

Ce qui fait la différence entre un bon championnat et un excellent championnat, c'est sans aucun doute les histoires hors-terrain. Nous voyons tous du baseball sans relâche toute l'été, alors même si nous en sommes tous fanatiques, c'est les petits "à côtés" qui font la différence, comme les souper d'équipe, les sorties et le transport, surtout dans le cas de Sept-Iles!

Comme je pensais à mon retour au travail, que je devais me lever tôt et me coucher tard chaque soir, je ne suis presque pas sortie de la fin de semaine. Je suis resté sagement à l'hôtel, contrairement à Provost, entre autre...

Provost est d'ailleurs au centre de la plupart des anecdotes hors terrain. Propriétaire d'une toute nouvelle fausse carte afin de masquer ses 17 ans (et demi!), rien n'est à son épreuve, même pas la police!

Lors de sa sortie quotidienne au bar branché de la place (le Clandestin), ce gentil sans-dessein, légèrement en état d'ébriété, a abordé 2 demoiselles (probablement de façon très cavalière, comme d'habitude...). Après les présentations d'usage, les deux filles disent à Provost qu'elles sont policières à Sept-Iles. Jamais à court d'arguments (même s'ils sont souvent tout aussi imbéciles que lui), Provost réplique immédiatement que "c'est une drôle de coïncidence", car il est pompier à Montréal. "Caserne 24, dans l'Est de la ville", a-t-il pris soin d'ajouter...

Bon, si ce n'est que de Richard qui lui a servi d'épaule afin qu'il ne tombe pas au milieu de la rue, Provost est rentré seul à l'hôtel ce soir là et était fidèle au poste pour ses 3 matchs de la soirée. Un vrai professionnel!

Au terrain, je n'ai pas pu m'empêcher de demander au D.J. de mettre "un incendie à Rio", pour me payer la tête à Provost. Également, il fut rebaptisé "Christopher Provost-Laflamme" pour la fin de semaine, en l'honneur de sa nouvelle profession...

Le lendemain soir, alors que tout le monde est cliniquement mort à l'hôtel, y compris le pauvre superviseur qui a essayer de regarder 9 matchs de baseball dans la journée (sur 2 terrains). C'est lors d'une journée comme ça que je développe beaucoup de respect pour les gars qui ont fait 3 matchs dans des conditions climatiques loin d'être idéales et qui n'ont jamais dit un seul mot, si ce n'est que de harceler pour avoir l'horaire du lendemain pour mieux se préparer. On s'entend à un tel professionnalisme lors des championnats canadiens, mais il n'est pas acquis d'avance. à Sept-Iles, dans un championnat bantam B avec un groupe d'arbitres en apparence très hétérogène, s'est immédiatement dévoué corps et âme pour le championnat. Cela est très facilitant pour un superviseur.

Honnêtement, je n'ai pas été capable de recueillir les anecdotes de Provost lors du 2e soir, il ne s'en rappelle pas lui-même. Contrairement à d'autres membres de sa famille, il ne s'est pas réveillé dans un champ de blé au moins, mais dans sa chambre d'hôtel!

Le troisième soir était celui du dévoilement des assignations. M'auto-désignant comme un "enfant de chienne à temps plein", j'ai dit aux gars qu'ils n'auraient leurs spots qu'une fois rendu au restaurant. Honnêtement, c'était car les assignations étaient fort simples: 2 matchs à 4 arbitres, il n'y avait pas de demi-finales, alors elles étaient dans ma tête et respectaient certaines considérations que j'avais pour certains arbitres, mais j'avais peur de commettre une erreur logique en les faisant trop vite. Cependant, compte tenu de l'impatience des gars (qui me disaient, au contraire "on s'en fiche, dit les tout suite et arrête de te prendre pour notre mère le 24 décembre à 21h", j'ai pris quelques minutes pour m'asseoir seul histoire de vérifier une dernière fois mes choix.

J'ai nommé tous les spots dans la chambre, n'attendant pas le restaurant. Exception faite d'une nomination, aucune controverse ne m'a été rapportée. Cependant, je n'ai jamais donné officiellement le nom de l'arbitre qui faisait le marbre lors du match de la médaille d'or, laissant le gars le deviner lui-même et lui rapportant que peut-être que je l'avais juste "bencher" pour la journée. Avec ce gag d'enfant, j'ai créé un running gag qui a fait rire bien des gens pendant plus de 12 heures...

Tout comme Jésus et ses apôtres, nous avons pris un dernier repas ensemble à la Cage aux Sports de Sept-Iles. Pour ce repas, notre Marie-Madeleine a pris la forme d'une serveuse répondant au nom de Bianca. Elle ne se doutait probablement pas que sa présence allait devenir la source intarissables discussions autant pendant qu'après le championnat...

La fille fait la gaffe de nous dire qu'il s'agit de son anniversaire. 19 ans, ça se fête! Barrette, qui devient parfois un génie de l'idée tordue, convoque alors la gérante pour lui faire part de son plan machiavélique. Contrairement à la tradition, ce n'est pas le staff qui va chanter bonne fête au fêté, mais plutôt les clients qui vont offrir un gâteau à la serveuse et lui chanter la chanson traditionnelle.

Nous apprenons donc la chanson en un rien de temps, deux petites répétions discrètes et nous sommes prêts, une coche en haut de la chorale de l'Accueil Bonneau!

Le gâteau et la serveuse favorite de JF Barrette arrivent donc. Barrette lui indique de s'asseoir avec nous sur la banquette afin de manger le savoureux dessert. Bianca a soif et veut boire quelque chose, Barrette, en hôte avisé, lui offre de la bière, elle accepte l'invitation, mais cherche désespérément un verre. Comme ça faisait un bail que je n'avais pas dit de conneries, je lui propose de boire directement au pichet... elle s'exécute, je suis sans voix! Les traditions de Sept-Iles nous bousculent dans notre vécu. Ce n'est pas les tribus aborigènes d'Océanie, mais pas loin! Nous nous prenons désormais pour des anthropologues en plein milieu d'une découverte fantastique!

Je ne peux pas parler de l'épisode du gâteau sans parler du comportement parfois incohérent de Shaun "la Terreur". Après avoir invectivé la serveuse pour lui avoir demandé son âge lorsqu'il a commandé un "Daiquiri", il prend part à la discussion lorsque notre serveuse nous avoue qu'elle était receveur dans une équipe de baseball féminin bantam quelques années auparavant. Shaun réplique:

-"t'étais catcher, ben moi, j'me serais accroupi derrière toi sans problème..."

Pour le manque de classe, s'est réussi. Moi et Sébastien Boucher, pourtant pas trop gênés de nature, ne savons pas si nous devons rire ou nous sauver par la fenêtre. La serveuse nous demande tout simplement, en riant, de frapper Shaun. Nous répondons dans la seconde à sa demande et, chaque 30 secondes environ, pour s'assurer que Shaun était pour se tenir tranquille, nous lui donnions un claque en arrière de la tête pour lui rappeler notre présence.

À la fin de son dessert, la serveuse a pris sa douce revanche en étampant un bout de gâteau dans la face à notre bambin favori. La scène valait des millions! Comme je commençais ma grippe (qui dure encore!), je me suis étouffé en toussant tellement je riais, j'en avais des crampes, pour ne pas dire des spasmes...

De son côté, Provost aussi se devait de faire des siennes. Alors qu'une première serveuse est venue nous voir, nous expliquant qu'elle était en training, Provost lui répond, en même pas 10 secondes: "Ben nous on vient de Montréal et on sort ce soir, si tu veux venir avec nous ou encore prendre une bière à l'hôtel, t'es la bienvenue, en passant moi c'est Chris". Bravo pour la démarche d'approche. Il pouvait bien dire que les filles de Sept-Iles étaient farouches, à les approcher comme ça! Il va apprendre, le jeune!

Finalement, comme tout est fermé à Sept-Iles le dimanche soir et que nous sommes fatigués, c'est le retour à l'hôtel. Dans ma tête, c'était le temps de relaxé, mes supervisions étaient complétées et j'avais travaillé fort. J'étais désormais rendu un vacancier. J'ai jasé avec les gars jusqu'à tard dans la nuit, dit, évidemment, un tas de conneries et parlé de mon expérience de baseball. Je ne suis pas Stéphane Dupont, mais je peux quand même meubler une conversation avec mes 3 championnats canadiens et mes nombreuses anecdotes mettant en cause P3, un arbitre avec qui j'ai la chance d'arbitrer régulièrement durant la saison.

Superviser un tournoi, c'est super le fun et très valorisant. Toutefois, c'est le bonbon à la fin de chaque journée qui fait la différence. Les sorties sociales entre arbitres font toute la différence et c'est super plaisant. C'est vraiment ce qui a marqué le plus mon passage à Sept-Iles!

Prochain tome: "des adieux à Baie-Comeau"

JF

mercredi 9 septembre 2009

Des épais à Sept-Iles... Tome 6: Le Dutch Rennert de la Côte-Nord

J'ai eu le malheur de dire la phrase suivante lors de ma rencontre pré-championnat: "Je veux voir d'abord et avant tout voir des arbitres qui font la job. Ne vous arrêtez pas à la mécanique de base de BQ, ayez un peu de style et vendez vos décisions, mais soyez bon!".

Pour la première journée et demie du championnat, ce fut une consigne très utile. Le seul qui a décidé de faire autrement, c'est Shaun, qui au lieu d'y aller comme à l'habitude, appelait les prises par en haut. Il était déstabilisé et pas très à l'aise avec son rendement. Lorsqu'il est retombé dans ses vieilles chaussettes, il est redevenu à l'aise, très à l'aise!

Pour les autres, Barrette avait l'air très sharp et Provost avait l'air... de Provost... Les gars de Québec en profitaient pour apporter certains ajustements et peut-être comparer les techniques privilégiées dans Lanaudière et dans la région montréalaise à celles de la région de Québec, en pesant le pour et le contre de chacune, c'est d'ailleurs le but d'un championnat!

Voir un gars "puncher" au 1er but ou encore un arbitre appeler les prises de côté, je n'ai aucun problème avec ça. Cependant, il faut que ça ressemble à du baseball et que les décisions soient bonnes...

Dans un match tardif du samedi soir, Barrette m'a demandé s'il pouvait faire 1 call à la "Dutch Rennert". Pour les non-initiés, il s'agit de faire un ou quelques pas sur le côté et d'appeler la prise avec une flexion des genoux et le bras en avant. Certains comme Chris Provost et moi-même sommes des experts pour faire cette petite passe rigolote discrètement. Dutch Rennert, arbitre des majeures de 1973 à 1993 faisait ça à chaque lancer... il devait être mort à la fin du match!

Cela dit, Barrette en fait une très discrète. Un arbitre de Québec m'interroge alors sur le mouvement et veut en savoir plus. Shaun, bon pédagogue, lui enseigne brièvement les bases de cette connerie typiquement lanaudoise en lui expliquant que c'est pour détendre l'atmosphère des fois...

Le lendemain... tel un obsédé du Dutch, il s'en pète 8 dans la même partie! Je savais pu quoi faire du haut des estrades! À la fin du match, Shaun ne se gêne pas pour le traiter de sans dessein et lui expliquer la subtilité de la chose, mais bon, tout le monde trouve ça drôle.

Pour le reste, tout le monde s'amuse et tout va bien... jusqu'au lundi...

Le danger avec la fatigue et l'effet d'entrainement, combiné à des matchs ayant des écarts de points exponentiels, c'est que les arbitres se fichent du match et pensent davantage à déconner. Théoriquement, les arbitres devraient être à leur meilleur le dernier jour, mais c'est souvent le plus difficile...

Pour ce qui est de Sept-Iles, certains arbitres n'avaient pas le décorum et la prestance qu'exige un championnat provincial lors des finales. Comme superviseur, je me suis posé la question sur la clarté de mes attentes et de mes consignes. Toutefois, je pense que le jugement de l'arbitre a priorité sur tout, alors inutile pour moi de devoir tout répéter à chaque match!

Des arbitres qui marchent sur le terrain, surtout dans une finale provinciale, c'est inconcevable à mes yeux... Des petites niaiseries subtiles par contre, c'est ma spécialité, call de la gauche en extra! mais rien ne doit paraitre pour les non-initiés...

En finale, trop de choses paraissaient et j'en étais un peu agacé... J'en ai discuté avec les gars pendant un arrêt de pluie, expliquant que c'était du sérieux et la réponse fut immédiate. J'aurais aimé ne pas avoir à faire cette mise au point, mais c'est une partie de mon travail de clarifier les attentes et de maintenir un niveau de discipline. Je n'en veux aucunement aux gars car ils ont fait un maudit bon championnat, mais la perfection devra attente!

Je me considère comme un gars exigeant, surtout avec moi-même. Ce fut une erreur de dosage de la part de quelques arbitres et ils apprendront avec le temps, ça fait partie du développement!

Prochain tome: "La police, le pompier et des épais à la tonne!"

Des épais à Sept-Iles... Tome 5: L'organisation de Sept-Iles

Nous voilà maintenant rendu à destination pour le but central de notre voyage: le championnat provincial.

Après une bonne nuit de sommeil à l'hôtel, nous partons vers le terrain pour le 1er de deux voyages. Je suis responsable de ramener la mini-van à l'hôtel pour prendre les arbitres restés là-bas lors du 1er voyage.

Étant insouciant de nature, j'ai regardé le paysage plutôt que de regarder les pancartes sur le coin des rues. Cela dit, mon retour à l'hôtel fut plutôt chaotique et aléatoire, mais j'ai quand même pu visiter la ville...

Heureusement, personne n'en a rien su (jusqu'à présent) et le 2e voyage hôtel - terrain fut fait dans un temps normal et un chemin correct.

Comme superviseur dans le passé, j'avais tendance à sortir beaucoup de points sur le "style", mais d'être un peu plus vague sur la technique. Que voulez-vous, même si on sort le gars de Lanaudière, on ne sort pas Lanaudière du gars... Je m'étais donc donné comme mission d'être plus technique la première journée afin de sortir les points majeurs. Je voulais donc vérifier le "timing" des gars ainsi que valider leur positionnement au marbre. Motivé et prêt à braver le froid, je me déplace, je regarde les pieds, j'écoute le timing et je fuis les responsables des premiers soins qui me suivent sans cesse en me parlant de la qualité de ma chaise de camping et de habillement hivernal.

Je fais le tour des premiers matchs de 8h30. Barrette est l'un des arbitres sur le terrain. Connaissant son style et sa valeur, je ne m'attarde pas trop à son match. Je vérifie quelques points, je le trouve tout simplement dominant. Il est à son meilleur, rien ne le perturbe, même pas la stupidité d'un des entraîneurs, qui sera finalement expulsé lors du match suivant...

Pour l'autre terrain, l'Idiot de Québec au marbre fait une excellente job. Je remarque quelques détails techniques, surtout son timing, mais il est très fort... le championnat semble bien s'amorcer...

À la fin des deux matchs, je me rends compte de l'horaire chargé et parfois inhumain d'un superviseur solitaire. Je dois faire 2 débriefings et ensuite courir pour retourner voir 2 matchs.

Provost est au marbre sur l'un des matchs. Comme je connais très bien ce dernier, je ne veut pas m'y attarder et je veux prendre plus de temps pour voir comment se débrouillera un des autres gars de Québec. Je réussis quand même à voir Provost quelques manches dans se tourbillon effréné. Sur les buts, je découvre que le partenaire de Provost est très fort. Sur 6 arbitres, 6 sont excellents, un rêve de superviseur!

J'enfile donc les débriefings un après les autres, parfois sur un coin de table car il pleut à l'extérieur. Mais bon, je peux parler à tout le monde et la réceptivité est excellente, je suis emballé...

Là où ça l'accroche, c'est les 8e et 9e matchs de la journée. Je suis brulé, au parc depuis 14 ou 15 heures et j'ai trop vu de baseball dans la journée. Comme les gars en sont à leur 2e passage au marbre ou sur les buts, je me contente de noter les améliorations apportées et les situations de jeux particulières. Honnêtement, je supervise de manière un peu lâche, mais les gars font une bonne job et anyway, il est pas loin de minuit!

Pour le 2e jour, je veux faire mes évaluations par écrit dans la journée et ainsi avoir la paix pour la journée des finales et pour mon retour en sol lanaudois. Je sais que ma job de tout les jours sera accaparante, alors aussi bien en finir.

L'organisation du tournoi me fourni une extension pour que je puisse connecter mon laptop dans un temps record. Je veux donc passer plus de temps au terrain principal en remplissant mes évaluations. Je me force quand même pour aller voir quelques manches au 2e terrain, mais impossible d'être partout à la fois...

Malheureusement pour certains gars, je n'ai pas pu être très présent. J'ai essayé de voir les gars au marbre de façon égale, mais je me suis rendu compte que je devais d'abord et avant tout fournir un feedback intéressant plutôt que d'y aller avec la quantité. Aussitôt que j'avais assez de matériel pour rendre mon travail pertinent, j'allais voir un autre arbitre ou prendre un peu de repos, il y avait quand même de la lasagne aux fruits de mer au menu!

Finalement, en cours de journée, mes assignations sont pas mal décidées. Jean-François Barrette est un arbitre qui sera du programme d'Excellence en 2010 et ça parait. Il est droit et sharp comme pas un. Il mérite clairement la médaille d'or, mais je préfère quand même la donner à un arbitre ayant eu une très belle progression dans le tournoi. JF comprend mon choix et se recale lui-même sur la médaille de bronze en m'expliquant qu'il a déjà vécu son trip pour la saison et qu'il ne veut pas être un voleur de place. Très honnêtement, je m'attendais à ce genre de réaction de JF. Il est un "gamer", mais aussi un gars juste et honnête. Il ne voulait pas priver un arbitre qui en était à son premier championnat du trip d'être sur le match de la médaille d'or.

Pour le lundi, dernier jour, tout est fait. Je suis assis dans les estrades et j'observe le travail des gars tout en prenant plus de temps pour discuter avec les organisateurs du tournoi. Bref, je fais du social plus que de la supervision.

Durant les matchs, j'ai été à quelques reprises, pour la première fois du tournoi, déçu de l'attitude ou de certains gestes de quelques arbitres, j'ai même profité d'un "rain delay" pour faire passer le message, mais ce sera le sujet d'un autre tome!

Prochain tome: "Le Dutch Rennert de la Côte-Nord"

Des épais à Sept-Iles... Tome 4: L'homme qui a vu l'ours

Dans un voyage en voiture qui prend 12 heures de route, en plus des repas et des pauses pipi pour les enfants assis sur le siège d'en arrière, il est très tentant de fermer les yeux quelques minutes pour se reposer.

Comme je dors très difficilement en auto, j'ai réussi cet exploit uniquement dans le coin de Forestville, à environ 1 heure de Baie-Comeau. Il faut dire que ce sommeil était plutôt léger...

Alors que ça faisait peut-être 20 ou 30 minutes que je sommeillais sous ma couverture quand j'ai entendu Shaun gueuler: "UN OURS". Aussitôt, les deux autres connards se sont mis à gueuler la même chose sans arrêt.

Dans ma tête de gars qui dort, je suis dans mon lit. Cela dit, juste de m'ouvrir les yeux et d'être quelque part entre Forestville et Baie-Comeau, ça ne marche pas. En plus, on me réveille en gueulant qu'il y a un ours... je suis sous le choc.

Quand mes yeux s'ouvrent, je pense qu'il y a un grizzli au milieu de la route qui s'apprête à embarquer sur le hood du char ou qui a défoncé la fenêtre et qui s'est enfuit avec Shaun, je suis déjà prêt à me mettre en petite boule au sol... Je regarde partout, je demande aux amis de la faune derrière moi ou il est... ils ne me répondent pas, ils continuent à gueuler "un ours" sans arrêt.

Au bout de peut-être 5 secondes, qui m'ont paru interminables, j'ai finalement repéré un ours noir qui dormait paisiblement sous un arbre sur le bord de la rue. Je peux enfin respirer, j'ai évité de mourir décapité par un ours sur la Côte-Nord...

Une fois l'ours hors de notre champ de vision, les gars se sont interrogés sur mon état de santé, me demandant si la crise de cœur était évitée. Voyant que j'étais encore en pleine forme, ils se sont donc concentré sur l'essentiel, me narguer à propos de ma réaction démesurée.

Comme je ne suis pas chanceux, il y a une grande présence d'ours dans les territoires habités du Québec cet automne, ils en parlent sans arrêt dans les médias. À chaque fois, il y a un idiot derrière moi pour gueuler "UN OURS" et ainsi me rappeler un des réveils les plus brutaux de ma carrière de dormeur...

Prochain tome: L'organisation de Sept-Iles

mardi 8 septembre 2009

Des épais à Sept-Iles... Tome 3: "As-tu fait ce que je pense"

Décrire notre périple vers Sept-Iles en ordre chronologique demanderait un effort surhumain tellement les événements se sont précipités. Cela dit, pour faire plaisir à Barrette et aussi pour raconter ce qui deviendra sans doute la réplique la plus célèbre du championnat, je me dois de raconter notre repas du vendredi soir au Mike's de Baie-Comeau et la conversation que nous avons eu...

Il est maintenant un peu plus de 17h, nous roulons depuis maintenant 10 heure et nous sommes encore à 3 heures au moins de notre destination finale. Nous avons du fun comme ce n'est pas permis, mais nous avons aussi hâte d'arriver. Après de longues tergiversations sur le restaurant à visiter, moi et Steve en venons à la conclusion que se sera le Mike's

À peine sortie de l'auto, Barrette et Provost approuvent notre choix et nous félicitent. Ils sont tombés face à face avec l'une des serveuses et ne peuvent plus en détacher leurs regards. Barrette, ayant de la classe, ne fait que baver de façon intense sur la table en état de transe. Pour ce qui est de Provost, il nous lit pratiquement le Kama Sutra intégralement en nous faisant part de ses fantasmes les plus profonds... Je suis découragé et je songe au suicide...

Cependant, tout au long du voyage, j'ai eu des problèmes avec ma digestion, ce qui a provoqué l'ire de mes compagnons de voyage. J'ai eu 2 ou 3 flatulences durant le trajet, ce qui a mis tout le monde à l'envers. Le même phénomène se produit chez Mike's, je me dirige alors vers les toilettes...

En sortant des toilettes, Barrette me regarde, tout sourire et me demande:

"As-tu fait ce que je pense"...

Moi, pas plus intelligent qui le faut, je réponds du tac au tac...

"Es-tu fou crisse? j'ai pas été me passer une varloppe!"

Bon, pour le niveau de langage, on repassera, mais pour la qualité anecdotique de l'événement, c'était digne d'un prix Nobel de littérature...

Immédiatement après avoir lâché cette phrase de "pas de classe" Duchesneau s'étouffe quasiment, pleure, crie, rit et capote carrément. Il répète sans cesse ma niaiserie en étant pratiquement en convulsions... Provost et Shaun aussi n'en peuvent pu, mais Steve a failli tomber en bas de la banquette. La serveuse passe nous demander si tout va bien, impossible de lui répondre... c'est le délire...

Pour tout le reste du voyage, ce fut la phrase clé. Une fois, en sortant des toilettes, Provost a eu la brillante idée de répondre: "Certainement, veux-tu des preuves?". Ce fut encore une fois le fou rire le plus total...

Quand nous avons fait part de l'histoire aux Idiots, ils ont adopté la réplique eux aussi. Par contre, à mon retour, lorsque ma blonde m'a demandé le sens derrière mon message sur "msn", c'est avec un peu de gêne que je lui ai fait part de l'histoire. Je ne sais pas si je suis un mauvais raconteur, mais elle ne partage pas le délire de notre gang d'épais...

Cela dit, pour les arbitres de Lanaudière, attendez-vous à entendre cette réplique en 2010, c'est assuré!


Prochain tome: "L'homme qui a vu l'ours"

Des épais à.Sept-Iles... Tome 2: Une rencontre du 3e type: les Idiots

Après avoir tourné en rond comme des sans desseins en puissance aux alentours du Discount de Ste-Foy, nous pouvons enfin sortir de l'automobile pour un petit repos après un peu moins de 3 heures de route. Steve, tel Indiana Jones, part en éclaireur à la recherche des gars de Québec afin de coordonner le transport vers Sept-Iles...

Steve revient quelques minutes plus tard. Je lui demande alors s'il a vu les gars en question, il me répond positivement. Lorsque je demande à quoi ils ressemblent, je m'attends à une réponse du genre "Un grand roux avec des lunettes et un petit gros frisé avec un troisième gars qui a un chandail vert". Il me répond plutôt tout simplement "Des Idiots".

Déstabilisés, tout le monde part à rire, mais nous repartons aussitôt vers un Tim Hortons du coin car un des trois gars a oublié ses souliers... Pour le respect de l'horaire, on oublie ça...

Finalement, après avoir vu Christopher sacré le fromage à la crème partout sur ses jeans et dans ses lunettes sans trop savoir pourquoi et nous avoir demandé si chaque personne qui rentrait était un arbitre (y compris le gars en béquilles et la vieille à moitié aveugle), la rencontre avait finalement lieue...

Les gars de Québec se présentent. Ils semblent trouver que les arbitres de Lanaudière sont jeunes, avec raison d'ailleurs, et passent quelques commentaires sur la différence d'âge. Pour ma part, je savais très bien que ma gang d'innocents était capable de faire le travail, mais ils sont jeunes, en effet. Après avoir parlé brièvement de sujets hautement intellectuels tels que les bars de Sept-Iles et l'attitude des filles des régions, nous étions en route pour faire le reste du trajet, environ 9 ou 10 heures de route...

Aucun des gars de Lanaudière est intéressé à transférer dans la 2e mini-van, nous donnons donc uniquement du stock, surtout des housses. Notre nouveau "Tétris" est bien réussi et les gars de Québec semblent stupéfaits de nous voir danser en plaçant les bagages...

On repart et l'on se suit... jusqu'aux environs de Baie-Saint-Paul, à 1 heure de Québec, où ils empruntent un chemin différent du notre. Nous élaborons des théories douteuses sur leur direction en espérant qu'ils ne sont pas au bar louche le plus près... J'espère simplement avoir tout le monde à l'hôtel à l'heure convenue...

Cela dit, de Tadoussac à Sept-Iles, aucune nouvelle des Idiots de Québec. De toute façon, nous savons qu'ils sont en avant de nous...

Après une halte au parc, c'est finalement nous qui sommes en retard d'environ 30 minutes à l'hôtel. Nous appelons dans leur chambre pour le début de la réunion d'avant-match. Les présentations ont été très courtes au Tim Hortons et, honnêtement, j'étais plus concentré sur les savoureux biscuits qu'autres choses...

Les 6 arbitres fraternisent donc brièvement et les instructions pour le tournoi sont données. Aussitôt terminé, les 3 Idiots ainsi que notre sans-dessein officiel dans Lanaudière, Provost, quittent vers le bar de la place à la recherche de leur futur épouse dans un bar miteux de la place... Mais les frasques des "clubbeux" feront l'objet d'un autre tome...

Comme superviseur, j'ai déjà la trouille de me ramasser avec une gang d'alcooliques au parc le samedi matin. Cependant, lorsque j'ai parlé de la ponctualité, les gars étaient d'accord avec mes consignes et semblaient trouvé ça logique. Je décide donc de faire confiance au destin et de me fier au bon jugement de chacun.

Ce fut une bonne idée. Tout le monde était ponctuel et en forme sur le terrain. Les équipes arbitres étant les mêmes pour les 2 premiers jours du tournoi, j'ai vraiment fait des sélections à l'aveuglette qui mixaient très bien. Mes crews étaient désignés selon des noms de duos célèbres que j'ai trouvé durant le tournoi:

La Cloche et l'Idiot: Provost et Létourneau. Toujours sur la go à la recherche d'une proie, ils savent le prix des shooters dans tous les bars de la ville après 2 jours seulement...

Timon et Bumba... du roi lion... Shaun et Seb. Boucher. Shaun mesure environ 5 pieds et Boucher fait plus de 6 pieds. La différence est frappante. Ils sont aussi le plus jeune et le plus vieux. Deux grandes gueules, parfois vulgaires, ils s'engueulent sans cesse et se traitent de tous les noms. Ils ne prennent aucun répit. Chaque fois que Boucher pense avoir vissé Shaun, mi-portion revient avec une réplique inattendue... ils sont tout simplement mongoles!

Dupont et Dupond. La ressemblance physique entre Barrette et Pageau est frappante. Ils ont le même âge et la même face. Le plus "low profile" des 3 duos à l'extérieur du terrain, Barrette à quand même réussi à se payer le coach du Saguenay en commençant le tournoi...

C'est fou de voir comment des gars pourtant très différents les uns des autres, ne se connaissant pas, mais ayant une passion commune pour le baseball et l'arbitrage peuvent s'unir en si peu de temps. Comme superviseur, mon rôle est de créer une chimie, mais honnêtement, elle s'est créée seule...

Cela a fait TOUTE la différence cette fin de semaine... Merci les gars!

Prochain Tome: "As-tu fait ce que je pense?"

Des épais à.Sept-Iles... Tome 1: Vive la préparation!

Impossible de raconter mon voyage sur la Côte-Nord en 1 seul message. De un, je vais oublier des bouts et de deux, ça ne me tente pas...

Aussi bien commencer par le début, mes préparatifs de départ...

Au travail... 16h approche, je suis fébrile, j'ai hâte d'aller préparer mes trucs, dormir et partir vers l'inconnu. Mon document de superviseur est prêt et j'ai l'intention de faire du bon boulot, d'autant plus que 3 des 6 arbitres venaient de Lanaudière et qu'il fallait laisser tout chauvinisme de côté pour laisser les gars s'exprimer. Cela dit, avant de partir, j'ai préparé le plus de matériel possible.

Cependant, la tentation du diable a pris la forme d'un appel de Marc-André Laporte vers 16h30 m'invitant à aller voir un match de junior élite à Laval. Impossible de résister à la tentation d'aller voir Galarneau sur les buts et admirer la prestance légendaire de Gary Maslanka au marbre, je dis oui, je soupe en vitesse et moi et Laporte partons chez P3 pour arriver à Laval.

Après un match très serré et très beau à voir, de retour à la maison pour finalement préparer les bagages et souhaiter conjurer le mauvais sort et ne rien oublier. Bon, à minuit le soir, c'est ordinaire comme stratégie, mais bon, mon plan était fait et rendu à Sept-Iles, je me suis rendu compte que j'avais seulement mal calculé mes sous-vêtements, de sorte que j'ai porté les mêmes 2 journées consécutives (vous vous en crisser j'en suis sûr, mais je me devais d'inclure ce détail!)

Le lendemain matin, alors que je prévoyais me lever vers 5h45 afin d'être "sur le piton" à 7h, je reçois un appel vers 5h25 de la part de Shaun pour me dire à peu près ceci:

"Innocent, on est supposé être en route depuis 5h et j'attends sur mon balcon depuis 30 minutes... réveille"... Oups, me semblait que j'avais oublié d'avertir quelqu'un que l'heure était changé. Je l'amène donc au resto et jouer au Playstation chez moi en attendant l'heure du part.

Ponctuel comme pas un, Steve Duchesneau est chez moi à 6h59 avec la caravan loué pour la fin de semaine. Par contre, quand la porte s'ouvre, outre le sourire majestueux de JF Barrette trop réveillé pour un gars qui s'est levé tôt, il n'y a rien dans l'auto... Mais où est Provost? Endormi, encore, il a mal placé son cadran et il est à Laplaine...

Après avoir juré contre tout les saints et avoir souhaité la mort de Christopher dans plusieurs langues et dialectes, je fais face à un nouveau problème: le manque d'espace.

C'est alors qu'un des thèmes centraux de la fin de semaine à vu le jour. La logistique entourant le positionnement des bagages dans la mini-fourgonnette était digne de Tetris. Pendant que Duchesneau et Barrette fredonnaient la toune, j'essayais de placer le stock de façon méthodique. Outre ma chaise de camping qui fut une plaie monumentale tout au long du voyage, tout était réglé à la perfection, du moins, c'est ce qu'on pensait...

De retour sur nos pas en direction de Laplaine pour ramasser notre clochard national. Cette fois-ci, il est prêt. Enfin. Il faut alors refaire la logistique "tétrissienne" du compartiment à bagage, faire face à une engueulade monstre entre Shaun et Provost pour savoir qui s'assoie dans la rangée derrière pour finalement partir sous ma menace d'en tuer un des deux pour régler le conflit.

Autre surprise, évidemment, la 640 est jammée. Je propose donc de passer par Berthierville. Ma proposition est acceptée par le Jacques Villeneuve de la mini-fourgonnette, Duchesneau, et nous partons pour de vrai cette fois-ci. Par contre, nous sommes déjà en retard de près de 40 minutes sur l'horaire initial...

Le sacro-saint GPS annonce que nous serons néanmoins à Québec dans les temps. Perplexe, je me rends compte que le putain de GPS est à l'heure de Chicago, nous sommes donc 1 heure en retard au total pour rencontrer les gars de Québec. Heureusement, Villeneuve embraye et compte tenu d'un délai pour avoir la mini-van à Québec, tout le monde est près pratiquement en même temps à Québec, mais avec 1 heure de retard...

En route vers Québec, quelques discussions ont eu lieu, mais bon, rien de très notable comparativement à ce qui s'est dit par la suite. Nous partions carrément vers l'inconnu et espérions seulement finir par arriver un jour...

La suite: La rencontre des Idiots...

vendredi 4 septembre 2009

Une finale sous le ciel de Vaughan... en retard

Après 2 semaines de silence et de repos de mes méninges, me voilà de retour, en direct d'une chambre d'hôtel de Sept-Îles. Avant de parler de mon voyage palpitant sous le soleil de la Côte-Nord, je me dois toutefois d'en finir avec mes aventures ontariennes.

Si la finale a été riche en émotions, les anecdotes sont aussi présentes. Tellement de choses spectaculaires et controversés que je voulais prendre un peu de temps et gérer tout ce qui m'est arrivé avant de mettre ça sur papier, quitte à perdre quelques petits détails au fil du temps...

L'avant-match...
Tout d'abord, nous étions 6 arbitres sur ce match. Les 5 arbitres sur les buts (et dans le champs) étaient prêts, habillés de la tête aux pieds au moins 25 minutes avant le match. Pour sa part, l'arbitre au marbre, Brian Bailey, de l'Ontario, était en boxer et jasait... pas nerveux le gars... aucun stress, contrairement à moi, qui était au 1er but!

La cérémonie
Je suis sur le terrain, ils annoncent mon nom et ma province. Les spectateurs du Québec, hurlants de joie à la seule prononciation du mot "Québec". J'ai donc de la pression. Je ne dois pas passer pour un "pro-Québec", ni pour un gars qui a peur de passer pour un "pro-Québec". Une seule solution s'impose: être bon

Pendant l'hymne national, j'ai le soleil dans les yeux, ça fait mal, et mes jambes shakent... maudite nervosité. Honnêtement, j'ai quasiment les yeux pleins d'eau et je réalise que les heures qui viennent seront intenses et peut-être mes meilleurs en carrière.

Je finis par me rendre à mon poste, en courant. Je suis très nerveux, mais bon, j'ai fini par arrêter de trembler. J'attends juste ma première décision pour me mettre dans le bain...

Je suis gâté... je suis très occupé en début de rencontre. Beaucoup de jeux serrés. Malheureusement pour moi, toutes les décisions (au moins les 4 premières, sont en faveur du Québec, ce qui met en furie le bouillant entraineur de l'Ontario).

Cela dit, nous sommes en 4e manche... le score est de 1 à 1. Un "pick off" au premier but et je déclare le coureur retiré. Honnêtement, je ne suis pas totalement certain de ma décision. Cependant, la balle arrive avant et le joueur défensif descend le gant. Cela dit, j'appelle le retrait... en me fiant uniquement aux "preuves accablantes". Le coureur n'est pas heureux et commence à s'emporter. Ne voulant pas provoquer la pagaille, je sacre mon camps dans le champ. Pendant ce temps, le coureur continue son spectacle. L'arbitre du 2e but se mêle de la représentation et l'expulse, ce qui déplait aux entraineurs, mais bon, l'incident ne dure pas très longtemps...

En 5e manche, ça dégénère... l'entraineur Ontarien, le gars pas gentil qui fait toujours des simagrées et qui agit comme un trou de cul (je ne pense pas souvent ça des entraineurs, mais je me permets une exception pour ce gars là). Il décide de faire son show et de passer outre le décorum d'une finale de championnat canadien, et ce, devant les caméras de télévision... C'est ma chance, me chicaner à la télé et, avouons-le, de régler un compte...

Je m'avance donc, tranquillement pas vite, à la recherche de mon moment d'attention. Il me regarde, je le regarde, c'est passionné... On arrive nez à nez, mais on ne se parle pas immédiatement. Je finis par lui dire qu'il doit maintenant quitter le terrain, il me demande pourquoi, j'insiste alors sur le fait que les jeunes s'emmerdent et qu'ils veulent jouer. Les entraineurs adjoints s'en mêlent alors et retirent le coach de la discussion. JF a le dernier mot...

Cependant, alors que je m'en retournais au 1er but, l'entraineur décide de revenir sur le terrain. Je cours donc au maximum en sa direction pour retourner finir mon travail. Surpris, les assistants s'en mêlent et m'engueulent les 2 et m'ordonnent de retourner au 1er but. Je leur dit d'aller à leur banc et que je vais faire ce que je veux. On fini par s'entendre, mais c'est long... Les assistants sont finalement content de mes explications et voient que je ne cherche pas à tuer ou blesser personne, mais uniquement à gérer la situation...

La manche peut donc se terminer, mais les problèmes ne faisaient que commencer...

Fin de 6e manche, 2 retraits, C2, C3, le score est de 2-2...

Balle passée... C3 marque facilement...
Le receveur, en désespoir de cause, relaie la balle, mais hors cible. Elle atteint le frappeur qui a quitté son rectangle...
Pendant la confusion, C2 marque.

Une interférence du frappeur est appelé. Que faire? Logiquement, le point de C3 devrait être bon, mais pas celui de C2 non.

Pour faire une histoire courte, personne ne s'entend sur le bon règlement et encore aujourd'hui j'ai eu plusieurs discussions. Comme le sujet est encore chaud, je n'ose pas trop me prononcer encore, mais je considère que notre décision était la bonne. De toute manière, l'Ontario voulait 2 points a a déposé un protêt... que nous avons gagné...

Cela dit, le match se termine alors que tous sont sur les dents, y compris celui qui vous parle qui préfère, de loin, raconter verbalement cette histoire que d'essayer de l'écrire logiquement... surtout à minuit et demi un soir de championnat à Sept-Iles...

JF