Des épais à Sept-Iles... Tome 9: Le retour à la vraie vie!
Comme toute bonne chose à une fin, il nous fallait revenir dans notre région un jour ou l'autre. De toute manière, après 4 nuits, on commence à être tanné des Confort Inn! De toute manière, avec la toux que j'avais (et que j'ai encore près de deux semaines après les événements), j'avais juste hâte d'arriver à la maison afin de pouvoir dormir dans mon lit (j'étais resté à la maison uniquement 10 jours entre mon arrivée de Toronto et mon départ pour Sept-Iles) et aussi de reprendre la routine, moi qui avait commencé à travailler quelques jours seulement avant mon départ vers la Côte-Nord...
Steve nous avait mentionné qu'il désirait partir tôt. Compte tenu que je dors très mal en voiture et de ma toute nouvelle phobie des ours, je voulais avoir la meilleure nuit de sommeil possible. Après une discussion sous le signe de la négociation, moi et Barrette avons convaincu Steve de partir uniquement à 10h le lendemain matin, ajoutant que nous serions à la maison en soirée.
J'étais heureux de faire la grasse matinée et de me lever uniquement... à 9h15! J'avais prévenu Provost de l'horaire du lendemain, histoire de bien synchroniser les douches et le départ, afin de ne pas partir trop tard. Connaissant l'historique de lâcheté matinale de Provost, il n'y avait pas de chance à prendre.
Comme prévu, je me suis levé avant même mon réveil-matin lorsque le soleil s'est pointé le bout du nez. Après avoir pris une douche bien appréciée, je prends l'initiative d'essayer l'impensable: réveiller Provost. Comme il n'a même pas l'air de m'écouter et que notre départ est dans un peu plus de trente minutes. Je lui explique alors que s'il n'est pas prêt à 10h, probablement que je vais le tuer...
Entre temps, histoire de pouvoir survivre aux 10 longues de route qui me sépare de mon douillet domicile st-linois, je fais un petit arrêt au Jean Coutu situé à une centaine de mètres de l'hôtel, histoire d'acheter quelques produits qui atténueront les symptômes de mon vilain rhume. Obsédé de la ponctualité, je regarde sans cesse l'heure sur mon téléphone afin de ne pas être le retardataire, surtout que j'harcèle sans cesse tout le monde afin qu'ils soient à l'heure!
Je reviens donc à l'hôtel vers 9h50, amplement dans les temps. Provost, alors sur le pas de la porte, trouve mon idée d'arrêter au Jean Coutu géniale et part sur le champ. Je lui indique qu'il doit courir... car on ne veut pas partir trop tard.
10h arrive, toujours pas de signe de Provost. 10h05... 10h10... finalement, il débarque à 10h15, avec des médicaments et un sac de Tim Hortons à la main. Honnêtement, j'étais en furie, d'autant plus que l'hôtel offrait le déjeuner jusqu'à 9h30!. Nous voilà déjà 15 minutes en retard...
Par la suite, Shaun, flairant la bonne affaire, décide que si Provost peut avoir du Tim, lui aussi le peut. Un autre 10 minutes d'attente dans le stationnement du Tim, mais au moins, nous sommes en route, pour de vrai!
Contrairement à notre trajet du vendredi, et même à celui de la veille entre Sept-Iles et Baie-Comeau, nous sommes beaucoup plus endormis dans l'auto. Shaun mange des beignes, Barrette joue à Punch Out sur son ordinateur alors que moi et Provost luttons intensément contre la maladie. Ce n'est qu'une fois rendu au traversier de Tadoussac que nous commençons à nous dégourdir, notamment en faisant les cons sur le bateau, ce qui faisait bien rire la dame à nos côtés... J'ai d'ailleurs remarqué un phénomène étrange sur le bateau: Shaun est soudainement beaucoup plus calme, serait-ce la peur de se faire jeter à la mer?, probablement...
Comme nous n'avons pas déjeuner, certains derrières sont affamés. Nous avions à la base prévu d'arrêter manger à La Malbaie, mais compte tenu des nombreuses plaintes, nous arrêtons environ 50 kilomètres avant, à Saint-Simeon, dans un petit resto d'apparence miteuse...
Le service est très long, mais la bouffe n'est pas trop mal. Nous rions des vieux "Z'amaricains" derrière nous qui essaient de comprendre le menu tout en attendant nos clubs sandwitch. Pour ma part, je n'ai pas plus faim qui faut, le rhume est bien trop présent. Pendant que moi et Steve finissons nos repas, Provost, Shaun et Barrette sont quelques part dans la ville. À notre sortie du restaurant, aucune nouvelle d'eux. Après quelques messages textes ponctués d'insultes, ils réapparaissent finalement 15 minutes plus tard. Ils étaient parti à la plage... sans regarder l'heure. Merci à Barrette d'avoir un cellulaire!
Le temps passe et les paysages aussi. Tous s'inquiètent de la contagion lié à l'état de santé de Provost (et du mien) ainsi que de l'espace restreint dans lequel nous sommes. Barrette lui, ne lâche pas son ordinateur, si ce n'est que pour répondre aux messages textes totalement loufoque d'un Sébastien Boucher retourné au travail.
Québec arrive finalement, voilà un bon moment pour aller se ravitailler en essence. Après avoir tourné en rond dans un quartier tout croche de Sainte-Foy à la recherche d'une station service et avoir hurlé contre l'inexactitude de notre GPS, nous avons finalement le luxe de nous dégourdir les jambes.
Il ne reste qu'entre 2h30 et 3h de route. Nous avons hâte, mais nous sommes également nostalgique de ce voyage vraiment mémorable. Shaun est le premier à débarquer. Ses parents nous demande comment il s'est conduit là bas. Nous n'osons pas répondre et préférons fuir avant qu'il ne posent trop de questions! J'enclenche donc la valise après une courte séance de Tétris et dans 5 minutes je suis chez moi.
En route vers mon domicile, un message apparait sur le tableau de bord de la caravan: "Coffre arrière ouvert". Steve est pris de panique et imagine nos bagages étendus un peu partout dans Saint-Lin. Étant le dernier à avoir fermé le coffre, je suis immédiatement pointé du doigt, mais Provost et Barrette confirme que rien n'est tombé, que le panneau est simplement mal clanché.
Rendu chez moi, je prendre mes trucs, passe près d'oublier ma bonne vieille chaise de camping dans l'auto et franchi le seuil de ma porte après une série de Lanau-tape avec les gars, la dernière.
Comme j'avais fermé les fenêtres, c'est chaud et humide dans la maison. J'ouvre donc la porte patio et je me dirige vers mon ordinateur pour prendre mes messages et constaté que je n'ai pas fait le ménage avant mon départ. Bienvenue dans la réalité!
JF
