Qui a dit que le senior élite n'était pas rigolo?
J'ai eu une tonne d'anecdotes à raconter cette été (au grand plaisir de certains arbitres des Laurentides!, mais au grand déplaisir de ma blonde qui est tannée de m'entendre radoter les mêmes niaiseries au téléphone soirs après soirs à la gang d'arbitres de Lanaudière), mais je dois dire que mes deux derniers matchs dans la LBSEQ furent plutôt riches en rebondissements...
Commençons par mon match de la semaine dernière à Sainte-Thérèse. Chaque fois que je me pointe au parc Ducharme, il m'arrive quelque chose de controversé, c'est comme une malédiction, j'ai de la difficulté à finir un match là bas sans que rien ne m'arrive. La seule fois que j'ai pu finir un match incognito, c'est contre Victoriaville au début de la campagne.
Cela dit, lors de cet affrontement Montréal - Sainte-Thérèse, je me devais d'être allumé et à mon affaire, compte tenu de la rivalité régionale et de la malédiction qui s'acharne sur moi.
Honnêtement, même si j'avais eu congé la veille, j'étais crevé. Peu de sommeil, de la fièvre et des genoux en compotes, ça n'allait pas bien. D'ailleurs, c'est un peu pour cela que mon blog est moins à jour, j'étais crevé. Une chance que je suis en vacances!
Même si Pat m'avait (gracieusement) offert le marbre pour se match (en échange d'un four pack de Red Bull, j'ai failli flancher), je l'ai quand même fait sur les buts, j'étais mort, tout simplement.
Sainte-Thérèse a enlevé un peu de la pression qui m'accablait en ayant un excellent début de rencontre. Après 3 manches, le pointage était de 6-0. L'affaire semblait dans le sac et lorsque je jasais avec Pat entre les manches, nous parlions de son jeu de pieds derrière le marbre qu'il peaufinait. Après 5 manches, c'était 9-0 en faveur de l'équipe locale, une balade dans le parc pour un arbitre sur les buts.
Pour ce qui est de Pat, il a fait preuve d'une constance remarquable malgré le pointage footballesque. Heureusement, car Montréal a profité de la générosité de la relève de l'opposant pour revenir dans le match en marquant à 6 reprises en début de 6e manche. Mon petit match facile, sans histoire, venait de prendre fin, mais au moins, ça me permet d'écrire quelque chose dans mon petit blog, faut voir les avantages où ils sont!
Début de 7e manche. Alors que la défensive cafouille, Montréal créer l'égalité 9-9. Quel match de fou! Avec aucun retrait en fin de 7e et un coureur posté à la 3e base, Sainte-Thérèse n'a pu profiter de l'occasion et est retourné bredouille en défensive.
C'est en fin de 8e manche que j'ai failli assister à l'un des catchs les plus spectaculaires de ma carrière. Premier frappeur de la manche. Un ballon au champ centre... ça semble loin, mais est-ce suffisant? Le voltigeur étoile de Montréal, Ntema Ndungidi recule... il est à la clôture, s'appuie sur cette dernière... se synchronise sur la balle et saute... La balle entre dans son gant, mais il l'échappe aussitôt! CIRCUIT et fin du match! Quelle fin de match.
Bon, la remontée de Montréal m'a probablement fait faire 45 minutes de plus entre les deux lignes blanches, mais c'est la beauté du baseball. Ain't over t'il it's over, disait l'autre...
Bon, cette histoire est peut-être drôle car les remontées de 9 points sont plutôt rares, mais ce qui m'est arrivé dimanche dernier à Acton Vale est tout simplement tordant. Lorsque je vais être un vieux radoteux à l'hospice de Saint-Lin, je vais compter cette histoire à toutes les jeunes et jolies gardes-malades que je vais croiser afin de faire mon vieil intéressant... c'est officiel!
Arrivé à Acton Vale une heure avant la rencontre avec mon ami Domenic Lo Basso, je ne peux m'empêcher d'admirer toute l'histoire imprégnée dans les mûrs défraichis du stade Léo-Asselin. C'est la première fois que je m'y rends après quelques matchs annulés à cet endroit. On m'en avait parlé, mais même si ce n'est pas le Yankees Stadium (le vieux...), je ne peux m'empêcher de regarder les photos d'époque affichées près du restaurant ainsi que l'ambiance qui règne dans la chambre d'arbitres (qui porte le nom de chambre Roger "Doune" Bourgeois, j'espère que l'association de Laplaine en fera autant avec sa chambre d'arbitres à ma retraite... La chambre Jean-François-Arsenault, c'est pas un boulevard ou une statue en bronze, mais ça fait la job!). Bref, le fanatique d'histoire en moi est servi.
Domenic et moi nous sommes dirigé vers les estrades afin d'observer un peu le terrain avant le match (et passer le temps avant que la streameuse fasse son oeuvre avec les hot dog que nous avons commandés). Ce qui est drôle, c'est que Domenic ne connait pas du tout les lanceurs partants, et ce, même si je lui dit leurs noms. Julian Tucker et Jean-François Rooney, parmis les meilleurs du circuit. Il me dit "si tu vois c'est qui, dit moi le...". Lorsque je lui ai pointé le géant Julian Tucker, du haut de ses 6 pieds 7 pouces, la face de ce cher Domenic a changée... Priceless!
Le match commence donc avec quelques minutes de retard, le temps que le terrain se fasse arroser un brin (avec une vieille machine sans âge poussée par un joueur). J'ai deux grosses décisions à rendre sur les buts, un sauf par quelques fractions de seconde au premier but, que la défensive aurait bien aimé obtenir, compte tenu du bijou défensif réalisé par le joueur d'arrêt-court, mais bon, le gars est sauf, que puis-je faire? Par la suite, un jeu de routine au 1er s'est compliqué lorsque le joueur défensif a brièvement quitté le but pour récupérer un relais hors-cible. Il est revenu à temps et j'ai bien vendu ma décision en pointant le but et en hurlant quelque chose d'incompréhensible du genre "Ahhhhhhhh on bag Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa". Bref, c'est l'intention qui compte. Le banc d'Acton Vale a tenté de semer le doute, mais j'étais certain de ma décision, décision qui fut confirmée par l'entraineur au premier but.
C'est tout pour mon match, mais c'est la suite qui passera vraisemblablement à l'histoire...
Fin de 3e manche, Domenic m'appelle au marbre, l'air confus et me demande: "on peux-tu jouer à 8 dans la LBSEQ? Le catcher me dit que oui". Je lui réponds alors qu'à moins d'un règlement de fond de livre vraiment spectaculaire, c'est non. Il m'explique alors que le receveur de Sherbrooke doit aller au boulot et quitter la rencontre. Sherbrooke, déjà peu nombreux, se retrouveront avec uniquement 8 joueurs. Je pense qu'il s'agit d'un bluff de la part du receveur, je retourne paisiblement humer l'air frais de la campagne sur les sentiers en admirant l'excellent travail de Lo Basso derrière le marbre...
Fin de 5e manche, le gérant Sherbrookois va au marbre pour annoncer le changement suivant "9 s'en va à 2". Rien d'autre... le receveur s'en va chez lui... ils sont vraiment 8... Il y a entre 150 et 200 spectateurs qui boivent de la bière et mangent des hots-dogs tout en ayant payé le prix d'admission. Que faire? Afin d'être certains de rendre la bonne décision, nous avons subtilement regardé dans le livre de règlements de la LBSEQ sur le banc d'Acton Vale pour confirmer que le règlement mystérieux du receveur n'était qu'un bobard pour finalement sacrer notre camps après 1h20 minutes de jeu. Dans la chambre, nous avons d'abord ris pendant un bon 5 minutes avant d'avoir pitié de la foule. C'est vraiment dommage pour eux.
La citation du jour revenait à Dom: "T'es mieux de mettre ça sur ton blog, j'espère que les gens vont te croire"...
C'est sûr que j'en reparle dans 30 ans!
JF

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