mardi 25 août 2009

La réunion post-championnat la plus agréable de ma vie

Voilà maintenant une quinzaine d'heures que je suis revenu en sol québécois et je commence à peine à me remettre de mes émotions. Mon gazon est long, la vaisselle n'est pas faite, j'ai une tonne et quart de lavage à faire. Par dessus le marché, je recommence à travailler demain après 2 mois de vacances. J'ai officiellement fini de jouer à la grosse tête qui vire les foules à l'envers, et ce, en direct à la télévision!

Cependant, avant de redevenir officiellement un simple banlieusard, je dois terminer de mettre par écrit mes aventures parfois rocambolesques...

Dans chaque championnat que j'ai fait, au niveau provincial ou au niveau national, la rencontre suivant le championnat fut toujours énervante. Connaitre sa recommandation pour les années subséquentes étant l'épreuve ultime. Surtout au niveau provincial, quand je voulais absolument avoir ma recommandation pour le programme d'excellence, c'était insoutenable!

Cette fois-ci, les choses étaient très différentes. J'ai connu un championnat de rêve, j'avais reçu d'excellentes assignations la veille (même si mon masque restait rangé au fond de mon sac) et le seul superviseur francophone du championnat, Pierre Simard, m'avait posé une question fort intrigante le dimanche matin en complétant les formulaires d'évaluation... "JF, nous avons besoin de savoir combien de championnats as-tu fait auparavant, t'es assignations passées et les noms de tes superviseurs". Il était évident pour moi que cette question m'était posée afin de déterminer ma prochaine recommandation...

Avant le début du championnat, j'y allais tout simplement pour avoir ma recommandation midget. Comme Baseball Québec avait songé à m'envoyer au championnat midget cette saison-ci, je savais qu'elle m'était déjà officieusement acquise, je n'avais donc pas beaucoup de pression à ce niveau là.

J'ai donc été faire ma demie-finale qui fut racontée précédemment en toute quiétude. Une fois le cirque causé par ma fausse balle terminée, après avoir éclaté de rire dans le vestiaire, avoir retiré mon équipement et pris 2 bouteilles d'eau, j'étais en route vers l'endroit convenu pour la réunion.

Cette réunion fut de courte durée. Vérification rapide des commentaires sur la feuille ainsi que de mon classement (Accomplished, l'ancien Meet Expectations Plus). Le seul point à travailler est ma connaissance du système à 3. Elle est bonne, même très bonne, mais compte du tenu de ma recommandation pour un championnat de niveau majeur, que je dois continuer à étudier mon livre attentivement, à défaut de ne pas pouvoir pratiquer énormément au Québec.

Je viens de vendre la mèche, alors qu'à la base, je n'y pensais même pas, j'ai eu une recommandation pour un championnat majeur, la Canada Cup (les Ailes du Québec). Évidemment, il me reste à poursuivre mon cheminement au Québec pour assumer ma nouvelle recommandation.

Quand ça va bien, tout va bien!

JF

lundi 24 août 2009

La demie-finale: la décision de ma carrière!

Nous voilà rendu au dimanche matin. Après un réveil vers 9h00 suivi d’un petit déjeuner, voici le temps de quitter l’hôtel en direction du parc. Comme je suis l’un des 3 chanceux qui n’ont pas eu à se lever très tôt, je n’avais pas de transport pour me rendre au terrain. Il a donc fallu que je me rendre au parc avec l’autobus transportant l’équipe du Québec. Si le transport a été tranquille, l’attente à l’hôtel à l’intérieur de l’autobus fut plutôt particulière. En effet, un couple de tourtereaux était en plus ébats, les rideaux grands ouverts à la vue du public. Nous nous posons toujours la question sur le sexe du deuxième partenaire, mais bon, ça n’a rien à voir au baseball…

Une fois rendu au parc, je m’habille très rapidement car j’ai peur qu’il n’y ai pas beaucoup d’espace dans le vestiaire. Après de longues minutes d’attente, nous y voilà : en route vers le terrain pour la demi-finale…

Dès les débuts de la rencontre, j’ai des décisions à rendre de mon poste au 1er but pour ce match opposant l’équipe de l’Ontario à l’équipe hôtesse, Vaughan. Tout va donc pour le mieux, des réactions partisanes dans les gradins, beaucoup d’ambiance… d’autant plus que le match est serré.

En 5e manche toutefois, les choses dégénères… Un simple est frappé par le frappeur de Vaughan, qui contourne le premier but. La défensive ontarienne essaie alors de le couper car il a peut-être un peu trop contourné… La balle arrive avant le coureur, mais il n’y a pas de « tag » de la part du joueur défensif, j’appelle donc le coureur sauf. Après une discussion avec l’assistant entraîneur, l’entraîneur adverse argumente brièvement comme quoi les discussions prennent trop de temps et qu’il mériterait une expulsion… La soupe est prête…

L’action peut reprendre et elle reprend rapidement. Dès la première pause du lanceur, une prise à contre-pied a surpris le coureur de Vaughan. Je le déclare donc retiré, déclanchant ainsi de vives réactions dans la foule… L’entraîneur au premier but, qui ressemble davantage à un gentil bénévole local qu’à un entraîneur de niveau national insiste sur le fait que je suis intimidé par l’entraîneur de l’Ontario, ce à quoi je réplique en des termes peu recommandables qu’il dit des niaiseries.

Je me fais oublier pour 2 manches, mais c’est à la toute fin de la rencontre, alors que le score des de 5-4 en faveur de l’Ontario en début de 7e manche avec 2 retraits. Une balle est frappée sur la ligne, mais dévie légèrement vers le territoire des fausses balles. Immédiatement, je déclare la balle fausse en y allant de façon très convaincante. La foule est en feu, les huées fusent de partout, le feu est pris dans la ville, d’autant plus que le lancer suivant fut une 3e prise sur décision et mis fin au match…

Nous sortons donc immédiatement du terrain. Alors que nous nous dirigions vers le vestiaire, des spectateurs partent en notre direction et gueulent. Je n’ose pas me retourner, préférant garder mon calme et être plutôt dans le rôle du gars qui veut éviter la chicane. Si jamais un gentil spectateur s’en était pris physiquement à moi, il est évident que j’aurais réagi, mais comme il s’agissait plutôt de me dire à quel point j’étais mauvais, j’ai préféré ne pas réagir, contrairement à mes 2 confrères qui gueulaient à l’aide pour avoir l’aide de la sécurité. Quelques secondes plus tard, nous étions enfin rendu dans le vestiaire, j’ai alors troqué mon ère stoïque pour un grand sourire et je n’ai pas pu m’empêcher de partir à rire… La situation était tout simplement sensationnelle…C’est ce qu’on appelle virer le parc à l’envers.

À la base, les autres arbitres pensaient que j’étais « shaké » en sortant du terrain, alors qu’au contraire, j’attendais le moment où je pourrais enfin profiter de la situation intense que je venais de vivre…

Jamais une balle fausse balle que j’ai appelée n’aura créée une réaction aussi intense, mais bon, je suis fier de ma décision et de la façon « P3-esque » comme je l’ai appelé. D’ailleurs, les jeunes arbitres de Vaughan travaillant comme bénévole lors du tournoi sont pour la plupart venus me voir pour me féliciter de ma décision et de la façon dont je l’ai rendu, et ce, même si des amis et membres de leurs familles jouaient pour l’équipe hôtesse… Bref, tout allait pour le mieux!

JF

Des assignations... tardives!

Comme j’en ai déjà fait part, la région de York en banlieue de Toronto a été victime d’une série de tornades, ce qui a causé quelques délais dans le tournoi. Heureusement, nous avons eu peur que le temps d’une soirée, mais cela a fait en sorte d’ajouter 2 matchs au calendrier le dimanche matin. Cela dit, les superviseurs devaient combler 31 postes, et ce, pour 15 arbitres. Si vous êtes moindrement bons en calculs, cela veut dire que 14 arbitres devaient faire 2 matchs et un arbitre devait être sur le terrain 3 fois dans la journée.

Comme le dernier match du samedi soir s’est terminé quelques minutes après minuit, nous avons du attendre aux environ de 2 heures du matin avant d’avoir finalement nos assignations. Une seule bonne nouvelle : les matchs devant avoir lieu à 8h30 le matin ont finalement été reportés à 9h30, cela faisait l’affaire du personnel d’arbitres, d’autant plus que 12 arbitres sur 15 devaient se lever pour être affectés aux matchs en question.

Cela dit, une fois que les superviseurs ont terminé le baratin habituel disant que les choix ont été difficiles… nous avons enfin reçu les enveloppes.

En ce qui me concerne, l’attente ne fut pas très longue. Le dévoilement des assignations fut fait en ordre alphabétique. Première chose que je regarde : l’heure… Grande surprise, je suis l’un des chanceux qui commence à 12h30… ça part bien. Ensuite, 19h… ça veut dire que je suis d’office pour la grande finale. Quelques fractions de seconde plus tard, je regarde quels matchs je dois faire… Demi-finale et finale, les deux matchs au premier but. Bon… ce n’est pas le marbre, mais avec la qualité du personnel d’arbitres présents au tournoi, il aurait fallu avoir un rendement exceptionnel. De toute manière, les deux gars qui avaient les demi-finales au marbre n’étaient pas présents sur la finale et, en ce qui me concerne, participer à la médaille d’or demeure une expérience unique. Les demi-finales sont certes intéressantes, mais la finale, c’est le « main event ».

Bon, en revenant au Québec, c’est peut-être moins prestigieux de dire que tu as eu le premier but sur la médaille d’or qu’avoir eu un marbre lors d’un match clé, mais sur le coup, ça peut être beaucoup plus plaisant, et ce fut le cas.

J’ai connu un excellent tournoi, de A à Z, mais sur les buts, mon travail fut spécialement reconnu dès les premiers matchs. Quelques décisions serrées au bon moment, une excellente mécanique également. J’ai un certain talent pour vendre mes décisions et cela m’a grandement aidé. Tout ça pour dire qu’au bout du compte, je ne considère pas du tout mon affectation comme un manque de confiance, mais plutôt comme une marque d’appréciation de la qualité de mon travail sur les sentiers. Deux fois le premier but plutôt qu’une, cela veut carrément dire que, pour eux, j’étais l’homme de la situation. D’ailleurs, dans ma prochaine communication, je vais faire état des nombreuses décisions serrées (et controversées), que j’ai eu à rendre lors de ce dimanche mouvementé!

JF

Une journee memorable

C est a partir de l hotel avec un clavier sans accents que je dois ecrire ce message, car internet a decide de ne pas marcher dans ma chambre...

Cela dit, impossible pour moi de raconter tout ce qui m est arrive en 1 seul message... Ce fut sans aucun doute la meilleure journee de baseball de ma vie et l une de mes plus belles experiences!

En gros, j ai rendu une decision sur une fausse balle en toute fin de match contre l equipe hotesse, ce qui a mis la foule a feu et a sang. Quelques minutes plus tard, en quittant le terrain, des spectateurs nous ont assaillis. Il a fallu l intervention des responsables du tournoi pour eviter l emeute! Rendu dans la chambre des arbitres, je riais comme un fou!

Ensuite, vient la rencontre de fin de championnat. Tres breve et tres positive. Une bonne recommandation, mais je vais en parler plus tard...

Vient ensuite la finale. Une presentation d avant match sublime, plusieurs jeux serres, la presence de la television, 2 expulsions dans le match, 1 protet et une engueulade avec le coaching staff de l Ontario... J ai visse le coach en chef de l Ontario live a la tele... P3 va etre jaloux!

Il est 3 heures du matin, j ecris ce court texte en sacrant contre les accents tout en jasant avec mon collegue albertain qui est a mes cotes... On s en reparle a mon retour a Montreal

JF

dimanche 23 août 2009

Mission accomplie!

Je suis heureux, je saute de joie!

Ce n'est pas l'or au marbre, mais à vrai dire, j'y pensais à peine. Je m'imaginais dans le meilleur des scénarios avec un quart ou une demie-finale au marbre et peut-être une participation en finale, mais c'est encore mieux: une demi-finale au 1er but et la grande finale, télédiffusée, au 1er but également!

Bon, mon travail au marbre est peut-être passé sous silence, mais il n'en demeure pas moins qu'avec des assignations comme celles là, on ne peut pas nier que mon travail sur les sentiers fut, à tous le moins, remarqué! Je ne suis pas du genre à me venter, mais j'ai connu sans aucun doute mes meilleurs moments à vie en tant qu'arbitre. Je suis fier de mon championnat, fier de mes partenaires et très heureux de représenter ainsi le Québec sur la scène nationale!

Il est 3 heures du matin, je me lève dans quelques heures. Heureusement, sur 15 arbitres, je suis l'un des 3 chanceux à ne pas me levé à 6h30 demain matin. C'est une joie supplémentaire.

Cela dit, je vais me coucher pour être en forme. Hors de question que je m'assoie sur mon assignation, je veux continuer mon excellent travail et être à la hauteur des attentes demain...

On s'en reparle!

JF (qui va bien dormir!)

samedi 22 août 2009

Une journée tranquille, enfin!

En gros, je suis fatigué. J'ai mal dormi et ce matin, 8h30, j'étais au 1er but pour un match entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Ce fut un match enlevant remporté 5-1 par le le N-B. Je n'ai eu qu'une seule décision à prendre durant ce match, un jeu serré au 1er but à la suite d'un amorti raté capté par le lanceur.

Côté déplacement, j'étais un peu lent, trop d'hésitation dans la tête, probablement à cause de la fatigue, mais je n'ai rien manqué...

Mes partenaires et moi avons toujours des matchs sans histoire, il s'agit sans aucun doute d'un mélange de chance et d'efficacité. Dans quelles proportions? Le débat pourrait être long!

Pour mon 5e et dernier match du tournoi à la ronde, j'étais au 3e but. J'ai beaucoup couru pendant ce match qui me semblait interminable, car il y avait beaucoup de coups sûrs... Au 3e but, dans un système à 3 arbitres, même s'il y a peu de décisions à rendre, il faut quand même courir sans cesse, juste au cas...

Le superviseur a été satisfait de mon travail, notamment d'un déplacement effectué sur un double jeu. Flèche au 3e but qui remet au 2e pour le doublé. J'ai appelé le retrait au 3e avec fermeté pour ensuite faire un pas et avoir un angle au 2e but pour rendre la décision. Ce ne fut pas un jeu très serré, mais le déplacement était excellent!

Voilà pour mon tournoi à la ronde. Comme je l'ai déjà dit, la qualité des arbitres dans ce championnat est, à mon avis, exceptionnelle. Il faudrait faire des finales 4 de 7 pour laisser la chance à tout le monde! Je ne m'attends donc à rien pour demain. Cependant, peu importe ce qui arrivera, je vais rentrer au Québec en étant fier de mes performances...

JF

vendredi 21 août 2009

Un pouce pour le pouce!

Une journée riche en émotions, comme dirait l'autre... On va se le dire immédiatement, je ne suis pas le meilleur arbitre du championnat, il y en a qui tirent beaucoup plus que moi. Cependant, quand c'est le temps de vendre un call ou de jaser avec les entraineurs, peu importe la langue, je suis plutôt dominant.

D'ailleurs, pour mon match au marbre, à 11h30, c'est ce qui est ressorti de ma performance...

1h20 avant le match, je tourne déjà en rond dans la chambre, je tremble de partout et je déguste un Red Bull très rapidement (d'après ma blonde, il ne faut pas les caler, alors je les savoure à la vitesse de l'éclair!

1h avant le match, j'ai déjà mon bas d'équipement sur le dos, j'écoute mon Mp3 à fond la caisse et je tourne en rond dans l'immense chambre d'arbitre. J'étourdis tout le monde... Après un traditionnel caca d'avant-match, je retourne tourner en rond, mais dans l'autre sens.

30 minutes avant... Je fais la chaise dans la chambre sous le regard ahuri d'une dizaine d'arbitres. Limperis explique aux autres que je ne fais pas ça au Québec, que je fais ça uniquement pour attirer l'attention. Je l'envoie chier sur le champ et tout le monde ris...

Après un dernier Red Bull, nous sommes en direction pour le terrain...

Je m'aperçois alors qu'il y a 5 caméras autour du terrain ainsi que 2 photographes... je deviens un peu nerveux, mais tout va bien...

Dès les lancers d'échauffement, je trouve ma zone de confort. Je me remémore ce que mon superviseur favori m'avait dit comme commentaires l'année dernière et je m'installe...

Dès la première demie-manche, j'installe ma zone de prises... assez large en appelant plusieurs lancers. Je me permets même un grand total de 3 KD en 1e manche... JF Boucher aurait capoté!

Ma zone est constante, très peu de lancers sont contestés et tout va bien... j'appelle beaucoup de prises et surtout des 3e... bref... ça va!

En 2e manche, un des photographes est hors de la zone qui lui est attribué (nous y allons avec le règlement des ligues majeures et non pas Baseball Canada), alors je lui suggère très fortement de retourner dans une zone permise. Entre deux manches, il me donne de la merde en me disant que les parents le payent... Je lui dit que ce n'est pas mon problème...

La demie-manche suivante, le boss du photographe vient me voir et me redonne du trouble... je lui conte la même histoire sur un ton assez bête... il finit par comprendre. Les superviseurs ont aimé ma gestion de match dans ce dossier...

Milieu de 3e manche, comme je commence à prendre mon rythme, la pluie se mêle de la partie. Juste avant l'interruption, mon arbitre au 1er but est entré en contact avec un coureur, mais comme la balle était morte, il n'y a pas eu de dommage, mais il était déçu. Cela dit, j'ai profité de l'arrêt du match pour le réconforter et le remettre sur le droit chemin.

Finalement, après plus de 90 minutes d'attente, mon match peut enfin se terminer. La suite de la rencontre se déroule très rapidement, avec beaucoup de retraits sur des prises. Tout va bien...

Vient ensuite la rencontre d'après-match avec le superviseur. C'est toujours un brin énervant, surtout quand tu as juste 1 match au marbre dans le tournoi à la ronde!

Le seul commentaire qu'il ma dit concerne mon signe de prise plutôt particulier. Mon pouce ne devrait pas être en l'air, mais caché dans ma main. Il affirme cependant que c'est un superviseur de Baseball Ontario présent dans les gradins qui lui a fait la remarque, mais qu'en ce qui le concerne, tout est sous contrôle! Il en profite alors pour me dire que s'il n'y a que mon pouce qui cause problème, je mérite un "thumb up" pour ma performance.

Après la fin de la rencontre officielle, il affirme que ma mécanique sur une 3e prise est très spectaculaire, qu'il adore ça... Bref, je ne suis pas du genre à me faire des idées et à m'attendre à un excellent classement le dimanche, je me contente d'être satisfait des commentaires et il arrivera ce qu'il arrivera...

Cela dit, j'étais très content... d'être revenu fort après un arrêt causé par la pluie, c'est un exploit, surtout pour moi... je déteste ce genre de situation et j'en arrache souvent après un arrêt, mais je suis resté concentré pendant l'interruption, mission accomplie! Je suis fier de moi!

Pour mon 2e match de la journée, j'étais au 3e but. 3 décisions serrées au 2e but, 3 retraits, avec des bons "punchs". Les jeunes arbitres de la place dans les gradins ont appréciés le spectacle et m'appellent par mon nom quand ils me croisent... c'est plaisant!

Finalement, avant d'aller me coucher, je me lève à 6h30 demain matin, voici quelques anecdotes de la journée.

Un des arbitres sur mon crew est de religion hindoue. Il était en beau calvaire qu'il n'y ai pas de pizza végétarienne dans la chambre d'arbitres (car nous avons la pizza fournie en tout temps!)

Ce même arbitre est toujours en retard, j'appelle ça les "Miq delay". Les arbitres de l'Ontario m'ont promis de reprendre l'expression après le championnat.

La fille du chef de mission de la Colombie-Britannique fait tourner bien des têtes parmi le staff d'arbitres. Cependant, personne ne lui a encore parlé... Gang de chokeux!

D'après mes 2 partenaires de crew, j'ai la routine d'avant-match la plus fuckée de l'histoire du baseball. Ils ne connaissent pas Christopher Provost...

Les gens à Toronto conduisent vraiment mal, je trouve ça dangeureux, tout le monde tourne n'importe où n'importe quand. Qu'ils viennent dire après que nous sommes cowboys au Québec...

J'ai appelé un "balk" alors que le score était de 13-2... Je me sentais cheap, mais le superviseur a dit que j'ai fait un call de très bonne qualité... Merci chef!

Mon superviseur favori, Rob, s'est encore mis sur mon cas aujourd'hui en me disant la phrase suivante après un match:

"JF, t'as été excellent, mais je sais que tu t'en fous, tu veux juste entendre que tu avais l'air sharp!".

Voilà pour aujourd'hui, de retour demain, avec d'autres bonnes histoires!

JF

jeudi 20 août 2009

Une soirée orageuse

Avec la tempête qui a secoué le sud de l'Ontario, ce fut un congé forcé pour les arbitres du championnat.

Après avoir écouté les nouvelles, histoire de savoir si nous avions des chances de survivre, un petit détour via le Jack Astor s'imposait, en vitesse toutefois, car nous avions une rencontre importante à 10h.

Cette rencontre a porté sur la nouvelle cédule en vigueur avec le changement d'horaire. Malheureusement, compte tenu des circonstances, les crew chiefs feront uniquement 1 match derrière le marbre. D'un côté c'est dommage car il s'agit d'une belle occasion de ce faire voir, mais d'un autre, je sais que je peux faire le travail et que, de toute manière, mon travail sera quand même apprécié. Il faut aussi dire, entre nous, que je suis meilleur sur les buts que derrière le marbre. Cela dit, je suis d'abord et avant tout ici pour faire la job qu'on m'ont demande de faire, pas pour devenir une superstar. Je me défonce à chaque jeu, et ce, même si j'arbitre sur le barber pole de gauche!

Voici encore quelques anecdotes et bonnes répliques du tournoi:

Un des superviseurs adjoints se sert de moi comme souffre douleur amical. Cela dit, dans les meetings, impossible d'être caché dans le fond de la salle, il y a toujours un commentaire du genre: "JF, you've 5 games tomorrow, be ready" or "Do you have my Baseball Québec shirt? No? Move your fucking ass away!". On a beaucoup de plaisir!

Après mon match au 1er but, on parlait de 2 choses: Un close call au 1er but que j'ai beaucoup vendu... "Best call I've ever seen", d'après un de mes partenaires. Malheureusement, le superviseur n'aime pas le fait que j'aie pointé le but avant... mais il avoue quand même du bout des lèvres que le timing et le "delivery" étaient sur la coche...

On parle également de ma vitesse légendaire, déjà bien connue dans la région de Lanaudière. Je cours vite, que voulez-vous! Le chef de mission du Québec, Serge Gauthier, ne m'avait jamais vu sur un terrain et a été impressionné par mon hustle et mes déplacements. Même chose du côté de mon crew et des superviseurs. Se défoncer, ça paye et certains gagneraient à suivre mon exemple (tête enflée un peu comme réplique, mais je crois que si moi je suis capable, pas mal tout le monde peut le faire!).

Avant la cérémonie d'ouverture, j'ai lavé mes souliers, ce qui a fait dire à mon superviseur adjoint favori, Rob Compagnion: "Pour JF, être bon ou mauvais ce n'est pas important, tant qu'il à l'air sharp...". Il y en a beaucoup qui ont fait leur carrière là dessus... Pourquoi pas moi?

Mon chauffeur et partenaire, Migdad Jaffer, à la réputation d'être à la ponctualité ontarienne ce que P3 est au Québec. Il nous donne donc rendez-vous 30 minutes à l'avance pour être certain de n'être qu'en retard de 5 minutes... J'aime l'idée!

Je suis le crew chief, mais aussi le moins expérimenté des 3 arbitres sur mon crew, ils m'appellent donc "Crook-chief"... c'est mieux que le Big Fucker d'il y a 2 ans!

Les gars insistent pour que j'attache 2 boutons sur mon polo. Limperis m'a dit "t'es pas au Québec, pas juste 1", j'ai aussitôt répliqué qu'au Québec, la plupart du temps, j'en attachais aucun. Les gars m'ont pris pour un délinquant profond de l'arbitrage...

Mon crew m'a dit que je devais absolument dire "Strike 1, 2, 3" quand j'appelle un lancer. Ils vont faire le saut quand ils vont entendre mes "Uhhhhhhhhhhh"... la mécanique, ça se personnalise...

J'étais au téléphone avec JF Barrette quand je lui ai dit: "Tabarnak, y'a une tornade dans ma face" Il m'a alors répondu: "arrête t'exagère..." Cela dit, écoute LCN mon Barrette et tu vas pouvoir dire: "j'ai eu le scoop!, mon contact à Toronto m'a raporté l'information"!

Christopher Provost m'a dit: Lâche toi lousse à Vaughan et vire l'Ontario à l'envers... c'est fait mon Chris!

Bon, minuit est passé, j'arbitre mon seul match au marbre demain à 11h30 et ensuite au 3e but à 14h30... je vais donc me coucher et me retenir pour ne pas balancer par le fenêtre mon co-chambreur qui ronfle... bonne nuit!

JF

Pas un "rain delay", un "tornado delay"

Je profite de l'interruption du tournoi pour vous faire part de ma dernière aventure rocambolesque: une tornade à environ 1 kilomètre de moi! J'ai tout vu, incluant les débris dans les airs. Dans la foule, j'étais le sans dessein qui gueulait "Where's the cow? I want to see a cow!"

Mais avant cette tornade qui s'est invité au championnat, je devais arbitrer.

Pour mon premier match, j'étais au premier but. Je ne sais pas pourquoi, tout au long de ma préparation d'avant match, j'étais très calme, mais rendu sur le terrain, j'étais très nerveux, tellement que même les jeux de routine me paraissaient difficiles. Heureusement, après 1 manche et demi, tout était de retour à la normale. En fait, quand j'ai arrêté de regarder l'arbitre du 3e but avant chaque lancer pour m'assurer que tout était normal et que je me suis concentré sur ma propre job.

Heureusement pour moi, car en 2e, 3e et 4e manche, j'ai été particulièrement occupé: beaucoup de "pick off" très serrés au 1er but et 3 jeux très serrés en plus d'une souricière.

J'ai connu un bon match et le superviseur était content de mon rendement. Pour ce qui est de mon crew, ils ont eux aussi connu un fort match. Quelques points techniques à régler, notamment sur la gestion des bancs, mais pour le reste, il faut simplement maintenir notre niveau d'arbitrage.

Dans mon dernier article, j'ai brièvement parlé de mon passage au Sky Dome. J'ai oublié de parler de ma rencontre avec un des superviseurs adjoints, Pierre Simard, de l'Alberta.

Beaucoup de Canadiens anglais portent des noms francophones (comme Patrick Marleau des Sharks de San José par exemple). Cela dit, au Sky Dome, je dis à Pierre "Can I ask you something about a rotation" Il me répond aussitôt "Oui, mais tu peux le faire en français". Après une brève discussion, il me dit qu'il a grandi au Québec et qu'il vient de... Joliette! J'ai aussitôt dit "Ah ben tabarnak, un gars de Lanaudière"... Nous sommes partout! J'ai bien ris!

Je viens à peine de recevoir un message texte de Limperis qui est encore au parc, ils parlent de jouer des matchs à 22h et de refaire la cédule. Selon ce qui est prévu, j'aurais 3 matchs demain dont 2 au marbre, j'imagine qu'il va y avoir des changements, j'ai hâte de voir...

JF

Le péril jaune est sous mes pieds

Je viens d'aller faire un petit tour dans le petit centre d'achats situé sous l'hôtel. Quelle surprise de voir que 95% des gens autour de moi étaient d'origine chinoise. Ça parle chinois, les écriteaux sont en chinois, les produits sont orientaux et ça sent la Chine! Bref, un petit dépaysement de quelques minutes. De retour à l'étage supérieur (l'hôtel), j'étais heureux d'entendre parler anglais, je me sentais chez moi!

Qu'étais-je aller faire chez les Chinois? Acheter du Red Bull au dépanneur, bien sûr!

JF

Une première journée... en anecdotes!

Je ne sais pas par où commencer. Depuis ma décente du train, il ne s'est rien passé d'extravagant, mais plusieurs petites joies et déceptions...


Tout d'abord, pas de trafic entre la gare de Toronto et l'hôtel... un exploit remarquable! Et rendu à l'hôtel, le plus beau des comités d'acceuil, Falco Scheida, un arbitre que j'avais rencontré en 2007 à Québec est présent. L'année dernière, il devait participer au championnat pee-wee, mais un cancer a plutôt fait en sorte qu'il devait se battre pour sa vie. Cette saison, il est de retour parmi nous, et en plus, il est mon co-chambreur.

Il m'a annoncé cette nouvelle dans le lobby de l'hôtel après que j'aie discuté avec les quelques arbitres que je connaissais déjà de championnats antérieurs. De plus, comme règle générale les crews chiefs sont placés ensemble dans les chambres, il a profité de l'occasion pour m'annoncer ma nomination comme crew chief.

Contrairement aux provinciaux, être crew chief au niveau national demande beaucoup plus d'organisation: animer les rencontres entre arbitres (dont celle pré-championnat, qui dure près de 2 heures), prévoir les déplacements et s'assurer du bonheur des 2 autres arbitres. De plus, il faut être une référence, c'est un peu comme avoir le "C" sur mon chandail.

À 26 ans, il s'agit déjà de mon 3e championnat national, ce qui est excellent. Par contre, je dois négocier avec des arbitres plus vieux que moi et avoir l'air confient, dans une langue qui n'est pas la mienne, et en plus, ne pas jouer au petit-Joe-Connaissant. Mon expérience professionnel d'enseignant devient alors un précieux atout!

J'ai donc animé la rencontre hier en laissant beaucoup de place au 2 autres arbitres, qui d'ailleurs, ont plus d'expérience que moi avec le système à 3 arbitres. Ça sert donc à rien de commencer d'essayer de jouer au gars qui veut tout expliquer à tout le monde!

Avant cette rencontre, nous sommes toutefois allé au Sky Dome voir le match des Jays. Petite déception cette année, les arbitres n'allaient pas sur le terrain comme l'année dernière. Au moins, j'ai déjà eu la chance d'y aller. Je trouve ça dommage pour ceux qui en auraient été à leur première expérience!

Toujours dans le domaine des petites déceptions, les déjeuners VIP sont choses du passé. Fini le chef cuisinier privé. Désormais, nous allons avec les équipes prendre le petit déjeuner. C'est quand même bon, mais le choix est plus limité!

Gaffeux comme toujours, j'ai oublié de m'amener des bas... bravo champion! J'ai acheté une paire au gros prix à l'hôtel pour faire au moins ma première journée.

Maintenant, je vais faire un petit dodo. J'ai très peu dormi à cause de la rencontre tardive d'hier soir et je me suis levé tôt pour finir cette rencontre en déjeuner. Je suis au 3e but dans quelques heures avant de faire un match en soirée au marbre...

Plus de nouvelles demain ou plus tard aujourd'hui!

JF

Un départ... matinal!

Honnêtement, je dois être un des pires voyageurs de l’histoire des voyages. Hier, j’ai du prendre deux heures pour faire mes valises : mettre tout ce qui concerne le baseball dans le même sac, ce qui inclus au grand total 17 « undershirts », 3 paires de pantalons, 4 polos et un manteau. Oublier quelque chose lorsqu’on est prêt de chez soi, ce n’est pas grave. Quand j’arbitre à l’extérieur, au moins, mon stock est rangé de la même façon et juste au poids, je peux pratiquement savoir si j’ai tout mon équipement. Cette fois-ci, après une brassée de lavage monstre et un bordel incommensurable causé par mon sens de l’organisation domestique légendaire.

Première étape : le stock d’arbitre. Comme je dois limiter mon nombre de sacs dans le train, il me fallait ranger l’ensemble de mon équipement protecteur et de mes vêtements de baseball dans le même sac. Par la suite, une fois que ma housse qui sert habituellement à amener mes vêtements était vidée de son contenu, je devais la remplir de mon linge de tous les jours. Pas facile de tout mettre ce matériel à l’intérieur d’un sac qui n’est pas conçu pour piler du linge! Si ma mère voyait mes valises, elle aurait honte.

Deuxième étape : le linge de tous les jours. Après avoir été voir ma chère maman pour faire les rebords de mes jeans, finir le lavage et réussir à placer ça dans le sac. Pas facile! Ensuite, le matériel électronique dans mon sac à main. J’avais réellement peur d’oublier mon lecteur MP3, mais il est bien dans ma valise à l’heure actuelle.

Le plus beau dans cette histoire, c’est que je me connais. Après avoir préparé mes valises dans un désordre des plus total, je me suis dit, hier soir vers 10h, qu’il serait tout à fait logique que je fasse une petite vérification d’usage avant de finaliser les valises. Bonne idée, il me manquait une casquette Baseball Canada (j’en ai 2) ainsi que mes lunettes Oakley qui me servent exclusivement sur le terrain. J’aurais eu l’air con, mais bon, je me suis écouté.

Troisième étape : Faire dodo. Impossible de m’endormir vers 10h30, je me suis couché vers minuit – 1h toute l’été, alors impossible de changer la routine. Cela dit, après quelques tounes à Guitar Hero, j’ai enfin pu dormir aux alentours de minuit 30. Disons que pour un gars qui devait se lever à 4h du matin, j’avais peur d’être sur le dos en me levant.

Finalement, quand je me suis levé ce matin, à 4 heures du matin tel que prévu, j’étais en forme. Pourquoi? Probablement l’adrénaline. Mon transport était à l’heure et je suis arrivé à l’heure prévue à la gare centrale. Le train est partie à l’heure et le voyage est plutôt confortable.

Malheureusement, il est présentement 9h46 du matin et, après plus de 3 heures sur la route (ou les rails!), je n’ai eu accès à Internet que quelques minutes, alors que cela devait être inclus, mais bon, c’est déjà plus le fun qu’en autobus.

Nous voyageons avec l’équipe du Québec. Les joueurs sont plutôt énervés et ont hâte d’arriver. Pour ma part, je gosse sur cet article depuis le départ de la gare et je passe le temps en répondant aux nombreuses questions de mon partenaire de banquette et de championnat. Mario Limperis.

Pour le moment, je vais tenter de faire un petit dodo ou encore de relaxer avant d’arriver à la gare et ensuite me farcir environ 1 heure d’autobus en direction de l’hôtel. Le chemin est un peu moins long en train qu’en autobus, mais pas énormément

On se rejase rendu à Vaughan!

JF

jeudi 13 août 2009

Les derniers préparatifs avant le grand départ

Depuis que j'en ai eu la confirmation, au début juin, j'essaie de ne pas y penser, mais peu importe, c'est ce que j'ai en permanence dans la tête. C'est quand même toute une chance de pouvoir voyager gratuitement dans le Canada afin d'aller arbitrer. D'un autre côté, c'est également un honneur et un privilège de représenter le Québec. On ne se le cachera pas, le Québec a une excellente réputation au niveau de l'arbitrage sur la scène nationale, il faut donc être à la hauteur de cette réputation pour ne pas avoir l'air d'un connard certifié à son retour au Québec. Il y a environ 10 gars derrière moi sur la site pratiquement prêt à me kidnapper pour prendre ma place, il faut donc que je me donne au maximum. Même chose pour l'ensemble des arbitres du Québec. Beaucoup de jeunes arbitres aimeraient bien être à ma place et rêvent d'y accéder également. Si je ne veux pas me faire "tasser" ou encore avoir l'air d'un clown, je dois offrir une bonne prestation.

Je ne suis pas de ceux qui se fixent des buts bien précis quant au classement final des officiels. Le but d'un championnat est selon moi d'obtenir une recommandation afin d'accéder au niveau supérieur. C'est sûr qu'être derrière le marbre pour un match important représente une belle marque de confiance de la part des superviseurs et une expérience unique, mais c'est de l'extra. Le but premier, avoir une bonne recommandation.

Encore là, c'est un peu spécial pour moi cette année... J'ai failli me retrouver au midget et je crois que les dirigeants du comité des arbitres de Baseball Québec croient que je suis prêt pour ce championnat. Cela dit, ma recommandation pour le midget, je l'ai de façon non-officielle. Il me reste qu'à l'avoir sur papier par Baseball Canada maintenant.

Concernant une recommandation pour un championnat majeur (car je suis présentement sur la liste mineure, qui regroupe les championnats bantam et midget, en plus du pee-wee qui n'existe plus.), je ne crois pas, du haut de mes 6 matchs en carrière dans la LBEQ, pouvoir prétendre à y accéder encore, mais bon, une pression de moins sur les épaules!

Malgré tout ce que je viens d'affirmer, il faut d'abord et avant tout s'amuser lors d'un championnat, mais comme la pression peut être envahissante, il faut être bien préparer pour s'amuser davantage. Voici comment je me suis préparer.

1. Des objectifs clairs durant la saison

Avant le début de la saison, je voulais améliorer certains points que j'avais à améliorer. Le plus importants parmi eux était sans aucun doute mon timing derrière le marbre. Avec ma nouvelle façon d'appeler les prises, je m'aide beaucoup car physiquement, mon signal est beaucoup plus lent, ce qui me fait gagner du temps.

Il y a d'autres points techniques que j'ai travaillé tout au long de la saison et sur lesquels je dois encore me pencher, par exemple, me redresser moins rapidement après avoir appelé une balle... bref, la vie est un combat!


2. Une préparation physique et mentale

Et cette préparation m'a coûté environ 300$! Quelques jours de vacances avant le championnat, histoire de ne pas faire une overdose de baseball! Bon, c'était aussi une occasion de visiter et de passer un peu de temps avec ma copine avant de disparaitre 1 semaine en Ontario et 5 jours à Sept-Iles en dedans de trois semaines! Au moins, exception faite d'une partie des Capitales de Québec (où j'ai été témoin du show le plus spectaculaire que j'ai jamais vu au baseball quand l'entraineur adjoint des Capitales a lancé le 1er but dans le champ!), je n'ai pas trop pensé au baseball. Également, mes pauvres petits genoux ont pu se la couler douce et ne pas subir plusieurs matchs derrière le marbre en peu de temps


3. Une étude intensive

Au Québec, le système à 3 n'existe pratiquement pas sur les terrains, alors qu'il est très présent ailleurs au Canada. Il faut donc se préparer convenablement, car les réflexes ne sont pas acquis. J'ai donc fait quelques matchs en saison à 3 arbitres ainsi que les demi-finales du tournoi de Laplaine.

Plus récemment, un dernier match avec Dom LoBasso et Mario Limperis (qui viendra avec moi à Vaughan) afin de mettre la touche finale. Un match serré, avec de l'ambiance et une balle sur le coude, qui même une semaine après les faits, me fait encore mal!. Bref, côté déplacements, je suis à jour!

Voilà, il ne me reste qu'à préparer mes bagages et je suis prêt. Il ne me reste qu'à espérer avoir assez de temps libre pour pouvoir mettre quelques articles sur mon blog. Ça reste à voir!

JF

mercredi 12 août 2009

Qui a dit que le senior élite n'était pas rigolo?

J'ai eu une tonne d'anecdotes à raconter cette été (au grand plaisir de certains arbitres des Laurentides!, mais au grand déplaisir de ma blonde qui est tannée de m'entendre radoter les mêmes niaiseries au téléphone soirs après soirs à la gang d'arbitres de Lanaudière), mais je dois dire que mes deux derniers matchs dans la LBSEQ furent plutôt riches en rebondissements...

Commençons par mon match de la semaine dernière à Sainte-Thérèse. Chaque fois que je me pointe au parc Ducharme, il m'arrive quelque chose de controversé, c'est comme une malédiction, j'ai de la difficulté à finir un match là bas sans que rien ne m'arrive. La seule fois que j'ai pu finir un match incognito, c'est contre Victoriaville au début de la campagne.

Cela dit, lors de cet affrontement Montréal - Sainte-Thérèse, je me devais d'être allumé et à mon affaire, compte tenu de la rivalité régionale et de la malédiction qui s'acharne sur moi.

Honnêtement, même si j'avais eu congé la veille, j'étais crevé. Peu de sommeil, de la fièvre et des genoux en compotes, ça n'allait pas bien. D'ailleurs, c'est un peu pour cela que mon blog est moins à jour, j'étais crevé. Une chance que je suis en vacances!

Même si Pat m'avait (gracieusement) offert le marbre pour se match (en échange d'un four pack de Red Bull, j'ai failli flancher), je l'ai quand même fait sur les buts, j'étais mort, tout simplement.

Sainte-Thérèse a enlevé un peu de la pression qui m'accablait en ayant un excellent début de rencontre. Après 3 manches, le pointage était de 6-0. L'affaire semblait dans le sac et lorsque je jasais avec Pat entre les manches, nous parlions de son jeu de pieds derrière le marbre qu'il peaufinait. Après 5 manches, c'était 9-0 en faveur de l'équipe locale, une balade dans le parc pour un arbitre sur les buts.

Pour ce qui est de Pat, il a fait preuve d'une constance remarquable malgré le pointage footballesque. Heureusement, car Montréal a profité de la générosité de la relève de l'opposant pour revenir dans le match en marquant à 6 reprises en début de 6e manche. Mon petit match facile, sans histoire, venait de prendre fin, mais au moins, ça me permet d'écrire quelque chose dans mon petit blog, faut voir les avantages où ils sont!

Début de 7e manche. Alors que la défensive cafouille, Montréal créer l'égalité 9-9. Quel match de fou! Avec aucun retrait en fin de 7e et un coureur posté à la 3e base, Sainte-Thérèse n'a pu profiter de l'occasion et est retourné bredouille en défensive.

C'est en fin de 8e manche que j'ai failli assister à l'un des catchs les plus spectaculaires de ma carrière. Premier frappeur de la manche. Un ballon au champ centre... ça semble loin, mais est-ce suffisant? Le voltigeur étoile de Montréal, Ntema Ndungidi recule... il est à la clôture, s'appuie sur cette dernière... se synchronise sur la balle et saute... La balle entre dans son gant, mais il l'échappe aussitôt! CIRCUIT et fin du match! Quelle fin de match.

Bon, la remontée de Montréal m'a probablement fait faire 45 minutes de plus entre les deux lignes blanches, mais c'est la beauté du baseball. Ain't over t'il it's over, disait l'autre...

Bon, cette histoire est peut-être drôle car les remontées de 9 points sont plutôt rares, mais ce qui m'est arrivé dimanche dernier à Acton Vale est tout simplement tordant. Lorsque je vais être un vieux radoteux à l'hospice de Saint-Lin, je vais compter cette histoire à toutes les jeunes et jolies gardes-malades que je vais croiser afin de faire mon vieil intéressant... c'est officiel!

Arrivé à Acton Vale une heure avant la rencontre avec mon ami Domenic Lo Basso, je ne peux m'empêcher d'admirer toute l'histoire imprégnée dans les mûrs défraichis du stade Léo-Asselin. C'est la première fois que je m'y rends après quelques matchs annulés à cet endroit. On m'en avait parlé, mais même si ce n'est pas le Yankees Stadium (le vieux...), je ne peux m'empêcher de regarder les photos d'époque affichées près du restaurant ainsi que l'ambiance qui règne dans la chambre d'arbitres (qui porte le nom de chambre Roger "Doune" Bourgeois, j'espère que l'association de Laplaine en fera autant avec sa chambre d'arbitres à ma retraite... La chambre Jean-François-Arsenault, c'est pas un boulevard ou une statue en bronze, mais ça fait la job!). Bref, le fanatique d'histoire en moi est servi.

Domenic et moi nous sommes dirigé vers les estrades afin d'observer un peu le terrain avant le match (et passer le temps avant que la streameuse fasse son oeuvre avec les hot dog que nous avons commandés). Ce qui est drôle, c'est que Domenic ne connait pas du tout les lanceurs partants, et ce, même si je lui dit leurs noms. Julian Tucker et Jean-François Rooney, parmis les meilleurs du circuit. Il me dit "si tu vois c'est qui, dit moi le...". Lorsque je lui ai pointé le géant Julian Tucker, du haut de ses 6 pieds 7 pouces, la face de ce cher Domenic a changée... Priceless!

Le match commence donc avec quelques minutes de retard, le temps que le terrain se fasse arroser un brin (avec une vieille machine sans âge poussée par un joueur). J'ai deux grosses décisions à rendre sur les buts, un sauf par quelques fractions de seconde au premier but, que la défensive aurait bien aimé obtenir, compte tenu du bijou défensif réalisé par le joueur d'arrêt-court, mais bon, le gars est sauf, que puis-je faire? Par la suite, un jeu de routine au 1er s'est compliqué lorsque le joueur défensif a brièvement quitté le but pour récupérer un relais hors-cible. Il est revenu à temps et j'ai bien vendu ma décision en pointant le but et en hurlant quelque chose d'incompréhensible du genre "Ahhhhhhhh on bag Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa". Bref, c'est l'intention qui compte. Le banc d'Acton Vale a tenté de semer le doute, mais j'étais certain de ma décision, décision qui fut confirmée par l'entraineur au premier but.

C'est tout pour mon match, mais c'est la suite qui passera vraisemblablement à l'histoire...

Fin de 3e manche, Domenic m'appelle au marbre, l'air confus et me demande: "on peux-tu jouer à 8 dans la LBSEQ? Le catcher me dit que oui". Je lui réponds alors qu'à moins d'un règlement de fond de livre vraiment spectaculaire, c'est non. Il m'explique alors que le receveur de Sherbrooke doit aller au boulot et quitter la rencontre. Sherbrooke, déjà peu nombreux, se retrouveront avec uniquement 8 joueurs. Je pense qu'il s'agit d'un bluff de la part du receveur, je retourne paisiblement humer l'air frais de la campagne sur les sentiers en admirant l'excellent travail de Lo Basso derrière le marbre...

Fin de 5e manche, le gérant Sherbrookois va au marbre pour annoncer le changement suivant "9 s'en va à 2". Rien d'autre... le receveur s'en va chez lui... ils sont vraiment 8... Il y a entre 150 et 200 spectateurs qui boivent de la bière et mangent des hots-dogs tout en ayant payé le prix d'admission. Que faire? Afin d'être certains de rendre la bonne décision, nous avons subtilement regardé dans le livre de règlements de la LBSEQ sur le banc d'Acton Vale pour confirmer que le règlement mystérieux du receveur n'était qu'un bobard pour finalement sacrer notre camps après 1h20 minutes de jeu. Dans la chambre, nous avons d'abord ris pendant un bon 5 minutes avant d'avoir pitié de la foule. C'est vraiment dommage pour eux.

La citation du jour revenait à Dom: "T'es mieux de mettre ça sur ton blog, j'espère que les gens vont te croire"...

C'est sûr que j'en reparle dans 30 ans!

JF

dimanche 9 août 2009

Résumé de mon passage dans la LBEQ

Si mon blog a continué d'être tranquille lors des derniers jours, il n'en était évidement pas de même avec ma saison!

Au lieu de décrire chacun des matchs comme je le faisais habituellement, je préfère y aller d'événements isolés... et de thèmes spécifiques. Pour ce faire, je ne peux passer sous silence mon passage de quelques parties dans la LBEQ cette saison.

Même si, d'après plusieurs, la ligue senior élite (LBSEQ) est plus forte que la LBEQ, il n'en demeure pas moins que cette dernière est beaucoup plus prestigieuse et suivie.

J'ai déjà décrit les 2 premiers matchs de ma saison dans des publications précédentes. Les deux matchs avaient été des victoires faciles par plus de 9 points à chacune des deux occasions.

Pour mon 3e match, qui avait lieu à la fin du mois de juillet, les équipes de Trois-Rivières et de Repentigny s'affrontaient...

Dès la première demi-manche, un jeu d'appel a eu lieu au 2e but à la suite d'un ballon sacrifice. Le coureur était parti de façon régulière, mais c'était pratiquement en même temps que l'attraper. Ça partait bien...

Un vieux sage m'a déjà dit "sur un jeu, ne démissionne jamais". C'est ce que j'ai fait, car ce même vieux sage, m'avait prévenu qu'un des deux receveurs avait la bonne habitude d'effectuer des relais sur les buts pour surprendre les coureurs et que son geste était furtif. J'étais donc aux aguets, alors lorsque le jeu en question se réalisa, j'étais déjà prêt et j'ai eu une excellente réaction sur le jeu serré au 1er but. Impossible de deviner ce qui serait arrivé, mais j'imagine que si j'avais eu l'air surpris par le jeu, l'offensive aurait critiqué ma décision en me disant que je dormais et que j'ai été figé... mais là, c'est eux qui ont été surpris, pas moi, il n'y a donc eu aucun commentaire.

Être prêt (ou au pire, avoir l'air prêt) évite beaucoup de problèmes lors d'un match de baseball, cela en était la preuve réelle!

Plus tard dans ce match âprement disputé, en fin de 6e manche pour être plus exact, avec des coureurs aux 1er et 2e buts et un pointage de 3 à 2, j'ai appelé une feinte irrégulière, ce qui plaçait les coureurs en positions de marquer. Au bout du compte, le jeu n'a rien donné, mais je venais de rendre ma 1e décision vraiment importante dans la ligue. Il faut croire que j'avais bien vu, car aucun commentaire ne fut émis d'une part comme de l'autre. Je dois avouer que dans les secondes qui ont suivi ma décision, je me demandais comment les choses allaient tourner, mais j'étais quand même certain d'avoir rendu la bonne décision.

8 jours plus tard, ma saison dans la ligue junior élite se terminait par un double entre deux équipes qui se battait alors pour la 8e et dernière place donnant accès aux séries de fin de saison. Lors du premier match, j'étais sur les buts avec nul autre que Pierre-Paul Provost comme partenaire.

Bon, c'est sûr qu'avec P3 il arrive toujours des affaires bizarres, comme une discussion avec l'entraineur lui expliquant qu'il est vraiment désolé, mais que 6 pouces à côté du marbre ce n'est pas une prise, mais pour le reste ce fut un match très serré qui fut très tranquille.

Cependant, peut-être tranquille, mais néanmoins occupé sur les buts ou les décisions serrées arrivaient en grand nombre. La plus notable d'entre elles est probablement une prise à contre-pied au 1er but. Je savais que le lanceur avait un excellent mouvement, alors j'étais toujours sur un pied d'alerte. Quand le jeu en question est arrivé, j'ai très clairement vue le gant venir toucher le poignet du coureur et j'ai alors bien vendu ma décision.

Sur les vols de 2e but, je commets une erreur technique que je vais devoir corriger par contre. J'ai tendance à prendre un pas de trop, de sorte que quelques fois je suis en mouvement lorsque je rends ma décision. En prenant un pas de moins, ma stabilité sera plus grande, mais il reste que je dois me donner un nouveau point de repaire pour savoir quand arrêter ma course vers le 2e but et me positionner. Il est peut-être un peu tard pour 2009, mais pour 2010, ce sera fait!

Finalement, le dernier match, mon premier marbre de la saison dans la ligue - et 2e en carrière. Je n'étais pas plus nerveux qu'il le fallait avant le match, car je savais très bien que j'étais assez talentueux pour être à cet endroit. Par contre, j'avais quand même hâte que la partie se termine afin de voir comment je m'en tirerais!

Tout d'abord, pour les 5 premières manches, absolument rien à signaler. Quelques commentaires concernant certains lancers, mais rien de majeur. Il s'agissait plutôt d'une bonne vieille habitude qu'on certains entraîneurs: tester l'arbitre recrue! Bon, ça fait partie du folklore du baseball (en tout cas, au Québec!), alors aussi bien se plier à la coutume. De plus, le score fut de 0-0 assez longtemps dans la partie, ce qui a donné beaucoup de rythme.

En 6e par contre, manche interminable qui a probablement pris 1 heure, ce fut plus complexe... Beaucoup de commentaires d'un banc à l'autre (mais P3 veillait au poste), quelques changements de lanceurs, bref, rien pour aider la concentration d'un pauvre arbitre fatigué au coton!

En fait, j'ai manqué 2 lancers lors de cette demie-manche. Comme ils n'étaient pas très espacés l'un de l'autre, ça l'a mal paru et très peu apprécié des frappeurs...

Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais j'ai eu comme un énorme coup de fatigue. D'un seul coup, mes yeux chauffaient et je n'étais plus confortable du tout derrière le marbre. Ce fut le cas le temps d'une demie-manche (de plus d'une demie-heure!), mais pour la 7e manche, tout était revenu dans l'ordre, même si certains joueurs de l'équipe perdante ne l'entendaient pas ainsi, mais en étant honnête avec moi-même, je considère avoir fait un bon travail, même si ma fin de 6e manche avait pu faire toute la différence entre un bon match et un excellent match.

Finalement, après 3 heures de boulot et quelques insultes d'un banc à l'autre, mon match était terminé et je pouvais enfin relaxer. J'avais survécu à 2 rencontres très serrées avec un enjeu, et ce, dans la même journée.

En soirée, un petit détour par Dollard-des-Ormeaux au championnat bantam AA s'imposait. Après être arrivé chez moi alors que le cadran indiquait 3 heures du matin, j'espérais que ma partie de midi le lendemain soit annulée. Un gros merci à Dame Nature qui m'a donné un congé inespéré le 2 août alors que j'étais au bout du rouleau... Il y a des jours comme ça où l'on est chanceux!

jf