La tradition se poursuit: le tournoi midget AA de Laplaine
Comme chaque saison depuis environ 5 ans, la première semaine de juillet est une semaine des plus chargées dans mon horaire, compte tenu du tournoi midget AA de Laplaine.
Les saisons précédentes, il n'était pas rare que je sois en fonction pour plus de 10 parties lors du tournoi. Cependant, avec l'horaire que j'ai, ce n'est plus possible. De plus, comme le bassin d'arbitres est bien garni, il est possible de faire le tournoi avec 6 arbitres à temps pleins, et ce, malgré l'absence de grosses pointures comme Stéphane Galarneau et Bryan Mayer. Un gars comme P3 est venu nous prêter main forte et mettre un peu d'ambiance dans ce tournoi pluvieux.
Par où commencer? Probablement par le 1er lancer du tournoi. À cause d'un délai de pluie, j'ai pris mon téléphone dans le vestiaire pour faire quelques appels. Avant d'embarquer sur le terrain, je touche mes poches voir si j'ai mes outils, tout y est. Cependant, j'arrive pour me placer pour le 1er lancer du match, je sorts mon "clicker" de mes poches... Oups! j'avais mon cellulaire dans mes poches, pas mon clicker. J'envoie donc à toute vitesse Shaun qui errait derrière le marbre chercher un clicker dans le vestaire et pendant 2 frappeurs, j'exige une concentration parfaite de la part de la préposée au tableau indicateur et je me répète sans cesse le compte dans ma tête. Finalement, aucune bavure...
Lors de la fin de cette même manche, je crois bien que j'étais seul derrière le marbre. Le receveur n'a jamais touché au lancer et ce dernier s'est retrouvé directement sur mon bras. Professionnel jusqu'à la moelle, j'ai néanmoins appelé une "Ball One", mais je n'ai pu m'empêcher d'y ajouter un "calisse". Bref, ça l'a fait mal et une semaine après le lancer en question, le bleu n'est pas encore tout à fait disparu.
Ce match, ponctué de deux arrêts de pluie, fut une victoire sans équivoque pour l'équipe de la Mauricie. Un beau match de baseball dans l'ensemble même si le climat ne s'y prêtait pas.
Pour ma part, c'était mon premier midget AA de la campagne. J'avais peur d'avoir mal adapté ma zone de prises au calibre, mais lors d'un des arrêts de pluie, j'ai brièvement discuté avec des spectateurs de la formation de la Mauricie qui, sachant que j'officie habituellement des matchs du programme d'Excellence ou encore du Junior AA, c'est à dire des matchs avec bâtons de bois, ont plutôt complimenté mon ajustement.
Le lendemain, sous un soleil de plomb cette fois, j'étais de retour sur le losange du parc Villeneuve pour un double, toujours dans le tournoi, mais cette fois, avec mon vieux complice et danseur émérite (voir mon double le 1er juillet), Jean-François Boucher.
Alors que j'étais encore une fois derrière le marbre pour le 1er match, j'avais l'air, pour une fois, d'un gars calme derrière le marbre. J'ai un style quand même assez actif derrière le marbre avec un "strong strike call", qu'on pourrait traduire en français par un signe de prise imposant. Comparativement à P3 qui passait tout juste avant moi et à Boucher qui me succédait, j'étais toutefois le plus timide du trio... c'est rare en maudit ça!
Ce fut un excellent match de baseball entre les formations de Laval et de Laurentides Ouest. Un peu de "callage", surtout en fin de partie, mais des gars expérimentés comme moi et Boucher avons pu contenir le problème assez aisément, d'autant plus que les entraîneurs étaient très coopératifs... ça l'aide toujours!
Sur le dernier jeu du match, il y aurait peut-être eu matière à expulsion, mais je n'en suis pas encore tout à fait certain, c'est pourquoi j'ai préféré m'abstenir. En fait, le frappeur, courant vers le 1er but et étant facilement retiré sur un roulant, a donné un coup sur le gant du joueur défensif. Comme il n'y a pas eu de casse et que tout le monde est parti vers son abris, j'ai plutôt interprété cela comme une "cheap shot" et une interférence, mais sans aucune conséquence toutefois. Comme les commentaires étaient toutefois très vifs d'un banc à l'autre, j'ai assisté à la traditionnelle poignée de main, calepin et crayon en main en mentionnant aux entraîneurs un gros "j'suis prêt coach". Ils ont fait le saut tout autant que les joueurs, la manœuvre d'intimidation a fonctionné à merveille!
De retour au vestiaire, nous étions embarrés à l'extérieur. Après quelques jurons d'usages, Boucher est parti en direction des organisateurs du tournoi afin d'avoir la clé magique. Une fois fait, pour s'en retourner plus vite, il a emprunté le BMX d'un enfant d'environ 10 ans. Voir Boucher, en arbitre, pédaler sur le petit vélo rouge, c'était hilarant. D'autant plus qu'en courant pour se rendre chercher la clé, il a failli se faire heurter par un petit VTT électrique miniature conduit par un enfant de 4 ans. Toute une scène, j'en pleurais... encore une fois! Maudit Boucher!
Pour le 2e match, outre les pantalons de plate à Boucher resté confortablement sur la sécheuse familiale, il n'y avait rien à signaler à la base, si ce n'est que le 2e but de Sherbrooke s'est informé de l'état de ma digestion, compte tenu de la mauvaise expérience qu'il avait vécu comme receveur l'année dernière. C'est gentil de l'attention...
Le match semblait être totalement entre les mains de la formation de la région de Québec. Cependant, fidèle à leur tradition, l'équipe de Sherbrooke est revenu de l'arrière en 7e manche, profitant des largesses du partant de Québec (qui a oeuvré pendant plus de 7 manches) et de la porosité de la défensive, qui avait été jusque là épatante, je pense notamment au joueur d'inter qui a réalisé plusieurs pièces de jeu défensives.
Cela dit, en 8 manches, Sherbrooke à remporté cet excellent duel 4-3. Fait à noter, pour une 2e fois en 4 jours seulement, le match s'est terminé sur une chandelle intérieure devenue un double jeu à la suite de l'écart trop gourmand du coureur au 1er but. J'étais sous le choc en me rendant au vestiaire, mais avant que Christopher Provost tante de me faire le bouche à bouche, j'ai repris mes esprits avant d'aller souper, alors qu'il était pratiquement minuit...
Comme mes genoux ne suivaient plus la parade et qu'il était temps de laisser la place aux jeunes afin de voir ce qu'ils avaient dans le ventre, je me suis placé sur les buts pour les 3 matchs du dimanche: demis-finales et le match ultime.
Lors du premier match de cette journée dominicale sous le signe du baseball, j'étais sur le "sleeper spot", au 3e but. Comme le veut la réputation de ce positionnement, j'ai eu un match très tranquille, surtout en raison de la brillante performance des lanceurs des deux équipes. Match d'un seul coup sûr pour la Mauricie... Wow!
Concernant le système à 3, les 2 gars ont bien réagit. Même si je peux me permettre de remettre en question leur implication dans l'étude du système de positionnement, je n'ai toutefois pas de reproches à leur faire pour ce match.
Le 2e match de la journée sera sans aucun doute gravé dans ma mémoire pour bien des années encore. Si Montréal a facilement remporté le match grâce à une grosse manche, c'est plutôt les actions entreprises par le gérant de la formation montréalaise qui feront jasées...
Tout d'abord, insatisfait de notre tolérance concernant le geste vers le 1er but du gaucher de Sherbrooke, il est intervenu à plusieurs occasions, mais ce fut sans conséquence. Le match fut cependant longuement interrompu, ce qui a fortement déplu à la petite madame qui gueulait tout le temps du côté de Sherbrooke.
Justement, plus tard dans le match, lorsque le lanceur de Montréal a atteint son 4e frappeur dans le match et que la petite madame demandait pratiquement l'intervention de l'escouade tactique du SPVM et une motion de blâme aux Nations Unies, il a fallu gérer la situation en ramenant le lanceur sur terre et lui expliquer qu'attendre la petite madame après la game n'était pas très très professionnel. Les estrades étaient chauffées à bloc, mais sur le terrain, l'ambiance était plutôt bonne...
C'était jusqu'à ce que le gérant de Sherbrooke fasse une visite à son lanceur et prenne la balle dans ses mains avant de la redonner à son lanceur. Sûr à 110% de son coup, le gérant de Montréal a déposé un protêt affirmant que Sherbrooke devait absolument changer de lanceur car le gérant avait pris la balle en main. Nous avons refusé sa requête et Baseball Québec a abondé dans le même sens.
Durant le délai causé par le protêt, les 3 arbitres nous sommes réunis derrière le marbre afin de remplir le rapport et gérer les éléments qui nous revenaient. J'avais toutefois donné la consigne aux 2 autres arbitres de ne pas ouvrir aucun livre de règlement afin de laisser le champ libre au comité des tournois de la Fédération et ne pas causer d'ambiguïté, mais aussi de ne pas adresser la parole à personne, sauf aux 2 organisateurs du tournoi, et ce, uniquement pour gérer la situation et non pas pour commenter notre décision.
C'était la 1e fois de ma carrière qui je vivais ce genre de situation et je crois l'avoir très bien gérée. Si c'était à refaire, je suivrais exactement le même processus, mais j'écrirais peut-être mon rapport plus rapidement, même si la situation conflictuelle était simple, je ne voulais pas prendre aucune chance. Je dois avouer par contre que ce qui m'a causé le plus de problème, c'est le comportement d'un de mes 2 confrères qui était incapable de ne pas parler à personne et d'attendre tout simplement... Il n'a pas commis aucune bavure, mais je crois qu'il aurait pu agir avec plus de professionnalisme...
Finalement, après cette longue interruption, le protêt fut perdu par Montréal et le match a pu poursuivre son cour. Un commentaire du gérant montréalais nous fit toutefois sourire lorsqu'il affirma: "Ça vient de me couter 100$, je vais avoir de la misère à manger cette semaine". Ayant une petite idée de ses moyens financiers, je me permets d'en douter!
Côté baseball, j'étais au 1er but et j'ai eu un match très occupé comme je l'ai aime. Provost m'a dit que j'avais manqué un jeu, mais à mon avis, il a dit ça pour se rendre intéressant seulement, car personne n'a dit un mot dans le parc... Bref, tout un match de mon côté!
Nous en sommes maintenant rendu à la grande finale. Pour ce match à 4 arbitres, j'étais à ma position préférée, le 2e but.
À part d'interminables discussions avec les gérants des 2 équipes (alors que je n'avais absolument aucune décision à rendre) concernant les agissements des uns et des autres, je n'ai pas fait grand chose du match à part argumenter et parfois gueuler... Un des entraineurs m'a dit de ne plus parler à l'autre coach... Admettons que j'ai répliqué de façon assez incisive...
Cela dit, de mon côté, rien à signaler côté baseball, si ce n'est que j'ai joué à la gardienne. Pour suivre la tradition, en fin de match, il y a eu une décision plus ou moins serrée au 2e but. Comme je voulais vendre à tout pris le jeu, j'y ai été d'un de mes plus beaux "Oh yeah - Ya - Ya - Boom" en guise de "out". La foule a bien aimé mon jeu de pieds d'après les commentaires d'après match.
Par ailleurs, un spectateur anonyme dans les gradins ma gueuler "Voyons dont calisse, t'es un hostie de malade". Quand je me suis levé la tête, j'ai vu le sourire narquois de P3 au loin sur le ligne du 3e but, les 2 bras en l'air. Quand P3 dit que t'es un malade, c'est que t'en as beurré épais...
Une fois ce match terminé, je suis rentré à mon humble domicile pratiquement en rampant car mes genoux ne tenaient plus la route après une fin de semaine des plus difficiles physiquement, mais bon, après deux jours de repos, j'étais de retour sur un losange dans le midget AAA, mais ce sera pour mon prochain message!
JF

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire
Abonnement Publier les commentaires [Atom]
<< Accueil