10 jours sous le signe du midget AAA
Ça fait un méchant bout que je n'ai pas écrit, probablement mon plus grand passage à vide depuis le début de la saison. Pourtant, j'ai eu plusieurs matchs durant cette séquence, peut-être même trop, mais bon, mieux vaut tard que jamais...
Tout d'abord, pour ma fête, le 20 juillet, j'ai été faire un bantam AA derrière le marbre. J'en avais fait un sur les sentiers plutôt durant la saison, mais je voulais avoir le feeling d'un lanceur à 56 pieds et voir la dimension des joueurs avant d'aller à mon championnat à Vaughan dans quelques semaines.
Honnêtement, compte tenu que seuls les 18 meilleurs joueurs au Québec seront retenus pour former l'équipe, le calibre sera beaucoup plus fort que ce que j'ai pu observer lors de mon match. Également, le monticule sera a 54 pieds (contrairement à 56 au Québec) et certains lanceurs frôlent les 80 MPH. Il faudra donc être alerte! Il s'agira, à mon avis, d'un défi similaire à du midget AAA, en un peu moins rapide peut-être, mais avec plus de pression!
Après cette pratique qui s'est avérée plutôt inutile, si ce n'ai que j'ai eu la chance de parler enfin à Jean-Michel Tremblay qui était sur les buts avec moi, je suis retourné à mes habitudes: le midget AAA.
Les 22 et 23 juillet, j'étais à la base supposé être sur les buts, mais compte tenu d'une blessure à mon partenaire (qui était le même pour les 2 matchs), j'ai fait les 2 au marbre. Honnêtement, comme j'étais en date du 22 juillet encore en pleine forme (surtout mes genoux!), ça ne me dérangeait pas du tout et, de toute manière, j'ai eu un match assez rapide et facile jusqu'en 7e manche, lorsque l'équipe de la Rive-Sud a tenté un retour qui a pratiquement réussi, avec le point égalisateur au 1er but.
C'est toujours difficile pour un arbitre lorsqu'il y a un certain écart de points tout au long du match et que soudainement, tout redevient serré. La concentration doit être de tous les instants, c'est officiel, mais la marge de manoeuvre devient beaucoup moindre...
Cela dit, avec une solide pièce de jeu en défensive qui s'est soldée en double jeu, le point égalisateur n'a jamais eu l'occasion de franchir le marbre et je suis rentré chez moi à une heure raisonnable (pour une fois...)
Cette saison, probablement car je mène une mauvaise vie, j'ai très peu de jeux serrés au marbre. Cependant, lors de cette rencontre, j'en ai eu tout un! Après que le receveur ai appliqué la balle sur le coureur en faisant un tonneau, je lui ai demandé très lentement et calmement: "Étienne, as-tu la balle". Honnêtement, je n'ai pas attendu sa réponse. Voyant par moi-même que la balle était toujours dans la gant, j'ai lâché quelque chose du genre "He got it... BOOM" Bref, une phrase inventée de mon cru, car comme tout le monde le sait, je ne dis que très rarement "OUT"... un son quelconque fait souvent l'affaire!
Le lendemain, 23 juillet, en direct de Laval, un autre match au marbre dans le AAA. Ce match fut probablement mon plus difficile de la saison, j'étais mort et en plus, le score était plutôt serré dans un match sans âme et sans rythme. Bref, je crois avoir manqué plus de lancers qu'à l'habitude, mais heureusement, ce n'était pas des lancers très importants.
Il faut dire qu'il y a un monde de différence entre manquer le premier lancer d'une manche et manquer un lancer à 3 balles 2 prises, 2 retraits, les buts remplis. Il faut savoir quand ne pas manquer de lancer en rehaussant d'un cran sa concentration. C'est quelque chose qui, avec l'expérience, donne un boost d'énergie à l'arbitre pendant quelques lancers. Est-ce possible d'avoir constamment cette concentration hors-pair? Lors de matchs où tout roule pour nous, oui, mais sinon, la concentration connait des hauts et des bas, l'humain est ainsi fait...
Sur un lancer, j'aurai du me fier à ma propre impression plutôt qu'au frappeur, mais bon, les apparences étaient trompeuses. Le lancer est sur le frappeur, j'entends un genre de "Pok", mais personne ne bouge. Je lève donc les bras en émettant un son neutre du genre "Waaaaa" pour gagner une seconde ou 2 et voir la réaction du frappeur. Si celui-ci se tortille de douleur, c'est un frappeur atteint. Sinon, une fausse balle qui a frappée le bâton. Il ne bouge pas, je considère donc la balle comme étant fausse, bref, je prends une chance. Cela dit, le frappeur n'était pas d'accord et l'entraineur non plus. Même si les chances que mon partenaire puisse me dire clairement ce qu'il en était, je vais quand même lui demandé s'il a vu quelque chose.
Lorsque je me suis rendu à lui, il m'a immédiatement confirmé qu'il s'agissait d'un frappeur atteint sur le coude, et ce, hors de tout doute. J'ai donc renversé ma décision afin de rendre le verdict le plus juste possible. Pour ma part, c'était la chose à faire, mais l'entraineur adverse n'était pas du même avis et a tenté de me remettre sur le nez un événement qui était arrivé quelques semaines auparavant. Bref, ce qui était à la base un frappeur atteint est devenu une joute verbale. Qui a dit que le midget AAA était toujours tranquille?
Après ces 2 matchs en 2 jours, un bref passage dans la LBEQ et une fin de semaine au repos, j'étais de retour pour un blitz de 6 matchs en 4 jours dans la ligue.
Tout d'abord, comme les Ailes du Québec jouaient des matchs préparatoires contre l'équipe étoile AAA en journée, en semaine, il fallait quelqu'un de disponible pour faire les matchs en question. Cette chance inouïe m'est revenue. Pour le match du mardi, comme j'étais le seul disponible dans la région montréalaise, il a fallu faire appel à un substitut qui était pour l'occasion Jean-François Barrette. Au début, il trouvait que ça allait vite sur le terrain. C'est normal, le calibre était beaucoup plus près de celui de la LBEQ que du midget AAA. Mais bon, tout a bien été pour tout le monde, si ce n'est que, pour une fois, la chaleur était accablante et que le match a duré 2h50 minutes et 8 manches, ce qui nous a permis de faire un peu plus d'argent que prévu...)
Plus tard la même journée, un autre midget AAA, cette fois à Laval, avec le sympathique Mathieu Lauzon. Si on exclu le fait que nous avons merdé sur une fausse balle sur le pied du frappeur, ce fut un match sensiblement tranquille, qui s'est terminé avec un retour inespéré de Laval en 7e manche qui a compté 4 ou 5 fois pour se sauver littéralement avec la victoire. La tension était à son comble sur le terrain et il avait de l'ambiance, c'était vraiment plaisant comme match, mais néanmoins un peu long... J'avoue que c'est mon année pour le retour inespéré en 7e manche, ça m'arrive beaucoup, mais beaucoup beaucoup souvent!
On se transporte maintenant au mercredi midi pour un match avec Daniel Marcil, toujours dans le programme préparatoire des Ailes. Au marbre, j'ai connu un match honnête, probablement à cause de la fatigue et du manque d'intensité. Toutefois, cela n'a pas du paraitre car il n'y a pas eu trop de commentaires de part et d'autre. Cette saison, Daniel n'avait arbitré que du junior A, il a trouvait que ça bougeait un peu plus vite qu'à l'habitude, mais bon, les vieux réflexes n'ont pas pris de temps pour revenir au galop! 3h15 de baseball sans âme. Honnêtement, après 4 manches j'étais tanné et je faisais secrètement des prières pour qu'un orage vienne me sauver, mais j'ai quand même fait mes 7 manches!
Le lendemain, toujours dans un match des Ailes, mais cette fois sur les buts, j'ai été victime d'un des jeux que je déteste le plus lorsque je suis sur les sentiers. C2 fait un "delay steal" et la défensive ne dit à peu près rien. Cela dit, je pars en retard vers le 3e but et mon angle est limité. La balle est arrivée avant, j'avais peu d'angle alors j'y ai été selon le fameux "automatique" et j'ai appelé le retrait sans en être trop sûr, car j'étais loin du jeu. Personne ne m'en a voulu, est-ce parce que la décision était bonne ou parce que tout le monde se fichait du match, j'en ai aucune idée, mais je déteste les "delay steal" du 3e but!!!
Pour finir mon périple dans le AAA, quoi de mieux qu'un programme double à Laval vendredi dernier contre Trois-Rivières. Sur les buts, j'aurai bien pu rester chez moi qu'il n'y aurait pas eu de différence, un match très tranquille, par contre, pour le 2e match, au marbre, après une poussée de 4 points de Laval tôt dans la rencontre, Trois-Rivières a mis les bouchées double est a fait une remontée plutôt spectaculaire. Malgré tout, les deux matchs se sont déroulées très rapidement, avec beaucoup de rythme, ce qui a énormément plu à mes genoux qui s'étaient couchés à 4h du matin la veille!
