Pour la 2e fois de la saison, j'étais assigné ce samedi au midget AAA. Pour cette occasion, j'étais jumelé à Dany Labarre pour les matchs opposants Montréal à Lévis. Pour débuté ce double, j'étais sur les buts.
Je dois avouer que pour les 5 premières manches j'étais très confortable sur les buts. J'ai même eu droit à un jeu extrèmement serré au 1er but, un sweep tag, que je me suis permis de caller comme ce bon vieux P3. On pointe une fois, on se tape dans les mains et on punch! Une recette miracle pour vendre un call!
Lors de ce match de premières, j'ai également eu droit à mon premier appel en environ 5 ans. Appel positif, évidemment. Le coureur avait frappé un double, mais n'a jamais touché au premier but.
Plus tard dans le match, vers la 6e manche, j'ai eu une légère baisse d'énergie. C'est drôle, je me sentais comme après ma commotion cérébrale de l'année dernière, exactement le même feeling. Dans ce genre de situation, je me concentre davantage et j'analyse chacune situation afin de ne pas être pris au dépourvu et, généralement, ma concentration revient dans les 10 minutes qui suivent.
Elle aurait toutefois pu revenir avant que l'excellent gaucher de Montréal fasse un geste vers le premier but que j'ai considéré comme une feinte irrégulière alors que s'en était pas une. Plutôt que de conter des bobards aux entraineurs et aux joueurs, j'ai sur le champ renversé ma décision en expliquant que lorsque j'ai vu le lanceur ne pas faire de pose et lever sa jambe, j'ai immédiatement pensé qu'il allait au marbre, mais il m'avait bien eu.
Sur ce jeu, je crois sincèrement que ma réaction "panique" fut excellente. J'ai automatiquement tué le jeu et dit, mon erreur. L'entraineur de Lévis, sous le choc, a fait quelques pas vers moi et j'ai dit à haute voix: "Viens me voir que je te dise pourquoi j'ai l'air fou". Il est venu en riant et la situation fut aussitôt oubliée.
Pour terminer le bal des premières, il a également eu une balle au frappeur à cause d'une main à la bouche lors de ce match. La première en 2 ans!
Par la suite, pour le 2e match, j'étais derrière le marbre...
Au début du match, tout allait bien et je me sentais très à l'aise à la plaque. Cependant, avant même la fin de la 1e demie-manche, il y a eu un jeu au marbre. Le lanceur, voulant couvrir le receveur, c'est placé trop près du marbre et est littéralement entré en collision avec moi, mais à toute vitesse. Sur le coup, j'en ai échappé mon masque et j'ai eu relativement mal au bras. Le mal a fini par passer, mais la situation m'a quelque peu déstabilisé, je dois l'avouer...
Tout au long de ce match qui, jusque là n'avait pas d'histoire, j'ai eu beaucoup de décisions à rendre, notamment car les frappeurs étaient très très patients au bâton et que les lanceurs manquaient souvent la cible. Je ne sais pas combien il y a eu de comptes complets ou encore de 3e prise sur décision, mais j'en ai eu pour mon argent, croyez moi!
Concernant ma performance générale, pour un match de 3 heures, j'ai été pas si mal, même si j'admets que je n'étais pas à mon maximum. Quelques lancers manqués par manque de concentration, mais heureusement, j'ai tout de même réussit à garder le focus.
En fin de 7e manche, c'était 10-3 pour Lévis et Montréal venait terminer le match à la frappe. Croyez le ou non, ils ont remonté le pointage à 10-10 avec un coureur au 2e but. Le scénario rêvé pour le cinéma!
Pour un arbitre, c'est à la fois très spectaculaire, mais aussi énervant, car il est beaucoup plus facile de terminer un match de façon très effacée en laissant le jeu aller. Ce fut exactement le contraire!
Le frappeur a fait un simple, ce qui signifiait que le jeu au marbre avec le coureur du 2e but devait être serré. Ce fut le cas... la balle arrive légèrement avant, glissade vers l'extérieur du coureur qui évite le gant du receveur pour être sauf au marbre. Inutile de dire que j'avais le devoir de vendre ma décision... chose dite chose faite.
La défensive n'était pas très heureuse à la fois de leur rendement en fin de match, mais aussi de ma décision... jugeant que le receveur avait bel et bien touché au coureur. Je pense avoir eu un angle très révélateur avec une bonne distance alors je suis confiant de ma décision.
Je fus toutefois chatouillé par un commentaire voulant que j'ai fait exprès de manquer la décision uniquement pour aller au vestiaire plus rapidement. Voyons dont! J'ai passé 9 heures de ma journée à l'extérieur de chez moi pour 90$ (transport inclus). Même si j'avais passé 9h30, je ne serais pas plus mort... Dire que je suis un pas bon, ça peut aller, mais lorsqu'on s'en prend à mon intégrité, je suis un peu full fâché!
Prochain match: dans 2 heures, à Laval!
JF